Petra Von Schatz, chez elle, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 13 février 2025.

Par une journée grise, Petra Von Schatz pose sous l’objectif, rouge à lèvres vif, sourire XXL. Devant le jardinet en peine de l’appartement qu’elle partage avec sa sœur, en Seine-Saint-Denis, elle a servi un café. L’herbe est mouillée, le barbecue à l’arrêt. Rien à voir avec l’été, où dans ce carré de pelouse visible des voisins, trône une piscine gonflable dans laquelle l’actrice X se baigne quotidiennement. « Il y a un petit côté “poisson dans un bocal”, mais ça ne me gêne pas. Depuis enfant, je suis celle qui court partout à poil. Dans le choix de devenir actrice X, il y a quelque chose de l’ordre de l’exhibitionnisme, j’aime qu’on me regarde… » Le timbre de voix légèrement rocailleux de la fumeuse s’accompagne de son lot d’éclats de rire. Elle est au début de sa carrière de performeuse explicite, avec quatre films au compteur : Captive (2021), A mes amours (2022), Chaos (2023) et Chronique d’un été (pas encore sorti), de la réalisatrice féministe française de porno indépendant Anoushka. Il lui arrive aussi de tourner des scènes pour le site HardWerk, de l’Espagnole Paulita Pappel.

De la femme qui décide de faire du sexe son métier, on n’a presque que des clichés misérabilistes en tête. Cette voie, Petra Von Schatz l’a choisie et la revendique, assise sur un canapé Biedermeier en acajou, hérité de sa famille « mi-prolo, mi-aristo ». Elle vient d’un univers qu’elle décrit en trois expressions : « Très de gauche, un peu bobo, artiste. » Sa mère, comédienne de théâtre, parle de sexualité avec ses deux filles dès leur jeune âge. Le père, artiste peintre, originaire d’une famille « plus coincée, protestante, spirituelle », est moins loquace sur le sujet.

Il vous reste 80.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version