Sur le papier, la proposition est séduisante : avec l’achat d’un ETF (« exchange-traded fund ») affichant une thématique « monde », un investisseur accède d’un coup à tous les marchés boursiers de la planète. Facilement accessibles et affichant des frais de gestion modestes (0,24 % en moyenne par an selon Morningstar), ces fonds de gestion dite « passive » se sont imposés, ces dernières années, comme un moyen efficace pour diversifier un investissement boursier.
Servant fréquemment de référence aux fabricants d’ETF « monde », l’indice MSCI World comprend, par exemple, près de 1 400 titres, tous secteurs d’activité confondus, cotés dans 23 pays. Pourtant, « un ETF “monde” adossé au MSCI World est, à ce jour, composé à près de 70 % de valeurs américaines, bien loin devant les titres japonais, situés en deuxième position des pays les plus représentés, pesant 5,7 %. Autre constat : 26 % des titres de l’ETF sont issus du secteur de la tech et majoritairement cotés outre-Atlantique », indique Benoît Leandri, responsable commercial de Schroders France. Et cette concentration s’est accentuée en une décennie. « En 2016, le poids des valeurs américaines représentait 50 % de cet indice », constate Mathieu Caquineau, responsable de la recherche des fonds actions chez Morningstar. « La répartition actuelle traduit la réalité du marché : les valeurs d’outre-Atlantique font partie des plus importantes capitalisations de la planète », abonde Pierre Blanchet, responsable des solutions d’investissement pour les réseaux bancaires d’Amundi.
Moins visible, un autre risque de cette structure d’investissement porte sur le niveau de change. Les fluctuations entre le dollar et l’euro impactent la performance servie. Les variations entre les deux devises peuvent jouer en défaveur d’un investisseur français. Cela a été le cas en 2025, quand le billet vert a baissé par rapport à l’euro. Résultat, « la performance du MSCI World qui s’est établie à 21,6 % en dollars est ressortie à 7,3 % une fois convertie en euros », signale Nathalie Rodigues, directrice commerciale banque et multigestion de Fidelity France.
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