
Il pleut de plus en plus souvent en Antarctique. Sur certaines côtes du continent blanc, des gouttes d’eau liquide tombent désormais sur la neige et la glace, un phénomène longtemps très rare dans l’environnement le plus froid de la planète. Ces épisodes illustrent un basculement plus large : de grandes parties du pôle Sud changent rapidement sous l’effet du dérèglement climatique d’origine humaine.
Recul de la banquise, fragilisation des plateformes glaciaires, déclin des glaciers, perturbations des écosystèmes terrestres et marins : plusieurs études récentes décrivent un continent soumis à des pressions climatiques multiples. Des bouleversements que les scientifiques qualifient de « massifs », d’« abrupts » et qui risquent d’être irréversibles si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au même rythme.
La péninsule Antarctique, longue bande montagneuse qui s’étire vers l’Amérique du Sud, constitue l’épicentre de ces vulnérabilités. « Elle est le théâtre de changements vraiment très nombreux, dont certains événements s’avèrent catastrophiques », résume Bethan Davies, glaciologue à l’université de Newcastle (Royaume-Uni) et principale autrice d’une vaste méta-analyse sur le présent et l’avenir de cette zone, publiée fin février dans Frontiers in Environmental Science. « C’est un signe avancé de ce que pourrait expérimenter le reste des côtes antarctiques, particulièrement dans l’ouest du continent. »
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