- Le socialiste modéré de 63 ans Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal.
- Il a largement distancé son rival d’extrême droite André Ventura, qui a conforté tout de même ses ambitions grandissantes.
- L’ex-ministre doit succéder début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en fonctions depuis une décennie.
L’issue définitive du scrutin ne fait plus aucun doute. Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle (nouvelle fenêtre), en devançant largement son adversaire d’extrême droite André Ventura, selon des résultats portant sur 95% des circonscriptions. Le candidat de 63 ans recueillerait 66% des suffrages, contre 34% pour son adversaire.
L’ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014) doit donc succéder le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui occupait le poste depuis dix ans (nouvelle fenêtre). « La réponse donnée par le peuple portugais, son attachement aux valeurs de la liberté et de la démocratie (…) me rendent ému et fier »
, a réagi le futur chef de l’État.
Alors qu’André Ventura, 43 ans, promettait une « rupture »
avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, le vainqueur annoncé s’est posé en candidat rassembleur (nouvelle fenêtre). Cet ancien député et ex-ministre a aussi mis en garde contre « le cauchemar »
dans lequel le pays risquerait de se trouver en cas de victoire de son adversaire, président de la formation Chega (« Assez »
).
Une victoire arrachée sans le soutien du Premier ministre
Le président français Emmanuel Macron lui a adressé sur X ses « félicitations »
. « Nous œuvrerons ensemble pour renforcer les liens entre le Portugal et la France et faire vivre notre Traité d’amitié et de coopération signé à Porto lors de ma visite il y a bientôt un an »
, a-t-il ajouté, plaidant pour « une Europe qui décide pour elle-même, plus compétitive, plus souveraine, plus forte »
.
Après avoir passé une décennie en retrait de la vie politique, Antonio José Seguro avait remporté le premier tour avec 31,1% des suffrages et s’est assuré depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luis Montenegro. Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l’extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti.
André Ventura avait quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti, devenu la première force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025. Après le vote (nouvelle fenêtre), le président de Chega a aussitôt reconnu sa défaite, tout en faisant valoir que son score marquait « une hausse très nette »
par rapport aux précédents scrutins, et estimé que cette deuxième place annonçait « une reconfiguration du leadership à droite »
.
Si le rôle du chef de l’État portugais est surtout symbolique, il est appelé à jouer un rôle d’arbitre en cas de crise et dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des législatives anticipées.
Après le premier tour, la campagne a été totalement perturbée par les tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, poussant une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées à reporter le scrutin d’une semaine. L’écrasante majorité des 11 millions d’électeurs au Portugal et à l’étranger était néanmoins appelée à voter dimanche. Malgré les craintes d’une démobilisation des électeurs, l’abstention devrait rester en ligne avec le taux de 47,7% enregistré au premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis la présidentielle de 2006.

