Une restructuration de dettes dans une entreprise, c’est comme une discussion budgétaire à l’Assemblée nationale. L’offre initiale est connue, mais personne ne sait dans quel état le texte va sortir au terme des débats. On peut compter sur les créanciers pour se montrer aussi inventifs et âpres que des députés à l’ère post-dissolution. Et, à la fin, ce sont eux qui votent.

Mais Daniel Kretinsky, l’actionnaire majoritaire de Casino, n’avait pas le choix. Aucune chance que le distributeur (Monoprix, Franprix, Naturalia, CDiscount) puisse rembourser, ou refinancer, 1,4 milliard d’euros de créances exigibles en mars 2027. Casino a donc ouvert, en novembre 2025, la boîte de Pandore, en lançant des négociations avec ses prêteurs afin de restaurer son bilan.
C’est à l’issue de discussions de ce type que Jean-Charles Naouri, le bâtisseur de l’empire de l’épicerie, avait perdu le contrôle du groupe, en mars 2024, au profit de Daniel Kretinsky, associé alors au fonds britannique Attestor et à Fimalac, la holding de Marc Ladreit-Lacharrière. La roue tourne. Certains créanciers bénéficiant de garanties avaient envisagé d’évincer à leur tour le milliardaire tchèque mais, selon un point d’étape publié jeudi 5 mars par Casino, ils proposent désormais de lui laisser sa majorité au capital.
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