
L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
Menaces, boycott, coups de théâtre… Les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs ne manquent pas de rebondissements. Chaque année, les acteurs de la filière agroalimentaire ont jusqu’au 1er mars pour s’entendre sur les conditions d’achat des différents produits (prix, quantités, pénalités, promotions), sous peine de sanctions pour les distributeurs. En février, les discussions se sont tendues quand la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a dénoncé au Parisien un « chantage mortifère » : « Les exigences de la grande distribution, en termes de tarifs, sont incompatibles avec les demandes des industriels », a-t-elle jugé, provoquant un court mouvement de boycott du comité de suivi de la part des premiers. Quelques jours plus tard, elle ajoutait sur France 2 : « Les relations commerciales sont parmi les plus violentes en France, ce n’est pas normal », appelant chacun des acteurs à la raison. Les négociations se sont finalement closes en temps et en heure, avec une inflation attendue entre 0 % et 1 % dans les rayons.
C’est ce climat de tension extrême qu’essaie de traduire à l’écran Anthony Dechaux avec son premier long-métrage, La Guerre des prix. Le comédien, aperçu dans Le Bureau des légendes (2015-2020) ou Sage-Femme (2017), a découvert cet univers lors d’un séminaire d’acheteurs de la grande distribution auquel il participait. Dans son introduction, se rappelle-t-il, le directeur avait alors confié à ses troupes : « Si on est réunis aujourd’hui dans cette salle, c’est pour savoir qui sont les requins et qui sont les requins tueurs. Et nous, les requins, on n’en veut pas, ce qu’on cherche, ce sont les requins tueurs. »
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