- Après dix jours d’inondations, la décrue s’amorce dans le Lot-et-Garonne.
- Elle laisse apparaître de nombreux dégâts, notamment chez les maraîchers qui ont perdu une grande partie de leur récolte.
- Pour s’en rendre compte, le JT de TF1 s’est rendu à Aiguillon et Port-Sainte-Marie.
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Tempêtes, orages, inondations… la météo s’emballe en France
Sylvain Delamare, maraîcher à Aiguillon (Lot-et-Garonne), n’a plus qu’une chose à faire : se retrousser les manches. « On va rentrer dans le magasin, qui n’a plus vraiment une allure de magasin »
, montre-t-il dans le reportage ci-dessus. Sa boutique, « La Ferme des Aigrettes »
, qui vend habituellement sa production de fruits et de légumes bio a été dévastée par la montée des eaux. Depuis 48 heures, il doit donc nettoyer et déblayer, armé d’un balai et de patience. « Donc voilà, il y avait 40, 45 centimètres d’eau partout. J’espère que lundi on sera opérationnel à nouveau, c’était l’idée »
, avance-t-il.
Les cultures vont clairement jaunir et mourir.
Les cultures vont clairement jaunir et mourir.
Sylvain Delamare, maraîcher à Aiguillon
Cela fait deux semaines que Sylvain n’a rien vendu dans sa boutique, que son exploitation est complètement à l’arrêt. « Il y a encore des zones immergées dans la serre »,
constate-t-il. Et même si l’eau a reflué, la décrue laisse émerger une nouvelle complication : les champignons et bactéries pourraient ravager les oignons, épinards ou poireaux. « Toutes les cultures qui sont là, non seulement ça va tasser le sol, le fait d’être resté en eau aussi longtemps, mais en plus les cultures vont clairement jaunir et mourir »,
atteste-t-il. Sylvain estime le coût des réparations à plusieurs milliers d’euros, sans compter les dégâts encore à évaluer sur ses 3 hectares.
À 6 kilomètres de là, à Port-Sainte-Marie, des agriculteurs se désespèrent eux-aussi. « Le champ est là, mais bon, pour le moment c’est un lac »,
déplore Patrick Paul. La digue censée protéger les exploitations de ces deux couples a cédé en une soirée. « Toute la digue est partie. Il y a 30 mètres qui sont partis »
, précise Patrick. Leurs propriétés sont toujours submergées, ce qui les empêchent d’entamer les réparations. Les parcelles de kiwis, asphyxiées par l’eau, sont donc perdues. Le retard pris sur les futures récoltes pourrait causer des centaines de milliers d’euros de pertes pour ces deux couples.
Les sapeurs-pompiers, de leur côté, s’activent dans tout le département pour évaluer l’ampleur des dégâts. « Pour que dès lundi matin, on puisse répartir les hommes et les moyens sur l’ensemble des exploitations »,
souligne le commandant Cédric Gavi du Sdis 34. Ils viendront prêter main-forte pour la suite des réparations. La Chambre d’agriculture estime à 600 le nombre d’exploitations sinistrées.

