
Parmi le flot des nouvelles anxiogènes de ce début d’année, un chiffre est passé plutôt inaperçu. C’est celui de la croissance américaine, qui a atteint 4,3 % en taux annualisé au troisième trimestre 2025, rythme le plus élevé depuis deux ans. Cette croissance bien plus importante que prévu s’accompagne d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle et la technologie. Si, pour les Américains, il y a de quoi se réjouir – ce que Donald Trump n’a pas manqué de faire, se félicitant de ces chiffres « géniaux » –, il ne rend que plus flagrant encore le décrochage européen : la zone euro ne devrait pas dépasser 1,5 % de croissance en 2025 et la France se contentera de 0,9 % ou 0,8 %.
Comme le rappellent les travaux de l’Observatoire français des conjonctures économiques, cet écart de performance tient pour l’essentiel à la faiblesse des gains de productivité en Europe. En France, notamment, la croissance du produit intérieur brut par habitant est deux fois moindre qu’aux Etats-Unis. D’où provient cette différence considérable, qui se traduit dans les revenus et les niveaux de vie ? Pas de la durée moyenne du travail, ni du nombre d’emplois par habitant, concluent quatre chercheurs de l’observatoire, dans un rapport sur le tissu productif publié en octobre 2025.
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