
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale a-t-elle atteint, mardi 24 mars, son acmé ? Ou a-t-elle, au contraire, touché le fond ?
Pour le rapporteur Charles Alloncle (Hérault, Union des droites pour la République) et le président Jérémie Patrier-Leitus (Calvados, Horizons) à coup sûr, l’affiche ne manquait pas d’allure. Vincent Bolloré, « actionnaire de Banijay à travers le groupe Vivendi, président de la Compagnie de l’Odet et ancien président-directeur général du Groupe Bolloré », a répondu « directement, sans aucune forme d’entrave et très spontanément » à sa convocation, s’est félicité le second, comme honoré de la disponibilité du retraité.
Il est pourtant permis de supposer que le milliardaire breton ne déteste pas l’exercice. En janvier 2022 déjà, aux sénateurs enquêtant sur la concentration dans les médias, c’est avec une crâne désinvolture qu’il s’était présenté, contre toute évidence, en dirigeant sans « aucun titre ni pouvoir ». En mars 2024, devant les députés qui s’interrogeaient sur les conditions d’attribution des chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT), il avait balayé les soupçons de mainmise sur les chaînes du groupe Canal+ d’un revers de manche – le député Aurélien Saintoul (Val-de-Marne, La France insoumise) a fait, à l’automne 2025, un signalement au procureur de la République pour parjure, resté sans suite à ce stade.
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