- Une professeure d’arts plastiques a été poignardée mardi par un élève à Sanary-sur-Mer.
- Interpellé et placé en garde à vue, cet adolescent de 14 ans a reconnu les faits.
- Il a notamment expliqué avoir de la « haine » pour l’enseignante.
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Var : une professeure poignardée par un élève dans un collège de Sanary-sur-Mer
Une tentative d’assassinat devant plusieurs mineurs et un traumatisme pour des dizaines d’élèves et d’enseignants. Mardi 3 février, un élève de 3ᵉ au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer (Var) âgé de 14 ans a poignardé sa professeure d’arts plastiques en plein cours sous le regard impuissant de ses camarades.
Alors que la victime était transférée à l’hôpital avec un pronostic vital engagé, l’auteur présumé des faits était dans le même temps appréhendé dans la cour de récréation après avoir quitté la salle de classe et placé en garde à vue vers 14h30. TF1info revient sur ce qu’il a dit aux enquêteurs au cours des premières heures de la mesure.
Pourquoi en voulait-il à son enseignante ?
Au cours de sa première audition, le suspect a immédiatement reconnu avoir prémédité l’agression de sa professeure à laquelle « il reprochait d’avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l’application Pronote »
, plateforme numérique dédiée à la scolarité des collégiens et des lycéens. « Il estimait que c’était injuste »
, a rapporté mercredi le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, dans un communiqué.
Le matin des faits, l’adolescent a donc pris le couteau de type Opinel dans la cuisine de son domicile avec l’intention de poignarder sa professeure. Il a indiqué aux enquêteurs qu’il fallait qu’il le fasse, parce qu’il avait « trop de haine »
. Il a par ailleurs reconnu avoir porté quatre coups de couteau à la victime.
Une première tentative la semaine dernière
La préméditation ne semble plus guère faire de doute dans ce dossier. Devant les policiers, le mineur a en effet révélé avoir déjà projeté d’agresser son enseignante la semaine dernière. Il avait d’ailleurs, pour ce faire, apporté un couteau au collège, mais il avait renoncé à son projet, « ayant peur de passer à l’acte ».
Alors que les pistes religieuse ou terroriste ont rapidement été évacuées, le suspect a confirmé ne pratiquer aucune religion.
« En perquisition, aucun élément de radicalisation religieuse ou politique n’a été retrouvé »
, a fait savoir le magistrat. Par ailleurs, il a déclaré posséder plusieurs armes blanches qu’il gardait dans sa chambre car il trouvait ça « stylé ».
Ni drogue, ni alcool, ni médicaments, ni violences
Le gardé à vue a également assuré ne consommer aucun stupéfiant. Au moment de son interpellation, les dépistages se sont révélés négatifs. Il a aussi affirmé n’avoir aucun problème médical, ne prenant aucun traitement médicamenteux. Il a par ailleurs précisé jouer régulièrement aux jeux vidéo, « mais pas plus d’une à deux heures par jour ».
Enfin, l’adolescent a répété face aux enquêteurs n’avoir jamais été victime de violences de la part de ses parents. Ces déclarations sont intervenues après que le procureur a révélé certains éléments sur sa situation familiale. Mardi soir, le magistrat avait indiqué qu’un signalement avait été effectué en mars 2025 par son collège à la suite de suspicions de violences commises par les parents au préjudice de la sœur cadette du mis en cause. L’enquête diligentée rapidement par le commissariat de police de Sanary n’avait pas permis de prouver que les enfants avaient été victimes de violences. Le parquet de Toulon avait donc décidé de classer sans suite l’enquête pénale en juin 2025, tout en saisissant le juge des enfants en assistance éducative.
Le 17 septembre 2025 ce juge avait ordonné une mesure d’assistance éducative au bénéfice de l’auteur des faits et surtout de sa jeune sœur, notamment dans le but de mettre en place une thérapie familiale. Le garçon qui avait été alors « peu loquace »
avait déjà contesté avoir subi des violences de la part de ses parents. Aucun élément de dangerosité le concernant n’était relevé par le juge des enfants.
Il affirme « regretter beaucoup son geste »
À l’issue de sa première audition, l’adolescent a affirmé qu’il « regrettait beaucoup son geste »,
qu’immédiatement après les faits, il avait ressenti « une grosse haine »
envers lui, davantage qu’à l’encontre de sa professeure, et qu’il avait « pleuré toutes les larmes de son corps »
en se portant des coups à lui-même, rapporte le Raphaël Balland. « S’agissant de la professeure, après une première intervention chirurgicale pratiquée à l’hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon, son état de santé est toujours préoccupant »
, informe le magistrat.
Le parquet de Toulon prévoit de faire déférer le mineur jeudi dans la matinée afin de requérir l’ouverture d’une information judiciaire du chef de « tentative d’assassinat », en demandant son placement en détention provisoire. Pour les faits qui lui sont reprochés, l’adolescent encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité, réduite à 20 ans de réclusion criminelle pour les mineurs âgés de moins de 16 ans.

