Merci pour votre question. Notre journaliste Guillaume Delacroix a interrogé cette semaine à ce sujet Françoise Vimeux, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement. Pour cette spécialiste, les observations des dernières décennies ne permettent pas de percevoir un impact entre le changement climatique et la fréquence des tempêtes hivernales en France, ni leur trajectoire, ni l’intensité des vents qui les accompagnent. En revanche, leurs conséquences sont plus importantes aujourd’hui en raison des volumes des pluies torrentielles déversées, plus forts qu’auparavant. Le fait que les tempêtes entraînent plus de précipitations est bien la « marque d’un climat plus chaud », souligne Mme Vimeux (un air plus chaud pouvant en effet contenir plus d’humidité).
Dans un article de notre journaliste Audrey Garric, le climatologue Christophe Cassou souligne que ces tempêtes sont accompagnées de ce que l’on appelle des « rivières atmosphériques », qui canalisent des masses d’air chaud et très humide des Caraïbes directement vers l’Europe. « Ces dernières sont dopées par le changement climatique : elles contiennent plus de vapeur d’eau, ce qui entraîne en bout de course des cumuls de pluie beaucoup plus importants », explique-t-il.
Les conséquences sont d’autant plus importantes qu’aux inondations fluviales s’ajoutent désormais les pluviales, qui peuvent survenir même en l’absence de cours d’eau. L’eau envahit les villes, parce que « les chaussées, les parkings sont imperméabilisés, et les réseaux d’évacuation ne sont pas bien dimensionnés », souligne la géographe Magali Reghezza-Zitt dans cet article. Les zones périurbaines sont aussi victimes de ces phénomènes de « ruissellement urbain », ainsi que des remontées de nappes phréatiques.
Ces catastrophes sont appelées à s’aggraver avec le réchauffement climatique. Dans la perspective d’une France à + 4 °C en 2100 – la trajectoire vers laquelle mènent les politiques actuelles –, les pluies intenses se renforceraient de plus 15 % en moyenne et jusqu’à plus 20 % sur la moitié nord du pays, selon les données de Météo-France, aggravant le risque d’inondations.


Ambre