• Édouard Philippe, candidat officiellement depuis deux ans, voit dans son rétroviseur ses concurrents Gabriel Attal et Bruno Retailleau se rapprocher.
  • Il souhaite démontrer dimanche, lors de son premier meeting, qu’il est toujours le mieux placé pour porter les couleurs de la droite et du centre.
  • À l’Adidas Arena de Paris, 5.000 personnes sont attendues pour assister à un discours « très personnel ».

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Présidentielle 2022 : les grands meetings

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Existe-t-il plus sincère qu’un conseil d’ami ? « Il faut que tu donnes plus. Il faut que tu donnes plus de toi-même ! », a récemment glissé à Édouard Philippe un de ses proches soutiens, impatient de voir le maire du Havre fendre l’armure, lors de son premier meeting de campagne dimanche à l’Adidas Arena, à Paris. 

Ces dernières semaines, l’ancien Premier ministre a parcouru des kilomètres. Il s’est rendu à Kiev, où il a échangé avec Volodymir Zelensky, dans l’Ain à la rencontre d’agriculteurs, ou encore ce vendredi à Aix-en-Provence, pour débattre du rôle de l’Europe dans un monde en perte de repères, et des enjeux de souveraineté industrielle, de sa compétitivité.

Toujours est-il qu’Édouard Philippe communique moins que ses concurrents Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Ces derniers mois, il a davantage privilégié des entretiens thématiques à la presse écrite et aux médias locaux. Jusque dans son propre camp, certains jugent son début de campagne timoré. 

« Il fait une campagne, mais au rythme des Français », défend Pierre-Yves Bournazel, le responsable des élections d’Horizons. 

« Il ne s’agit pas de faire maintenant la campagne d’avril 2027 », abonde le candidat malheureux à la mairie de Paris. 

« Un moment de bascule vers la campagne »

Le meeting de dimanche est présenté par les équipes de campagne du Havrais comme « un moment de bascule vers la campagne ». Pas question pour autant de présenter un programme présidentiel trop tôt, à dix mois du premier tour. « Il dira qui il est, d’où il vient, pourquoi il est candidat et comment il veut gouverner », annonce son entourage. Pour le programme chiffré, il va falloir attendre. Probablement jusqu’en fin d’année, voire début 2027.

Dimanche après-midi, Édouard Philippe sera le seul orateur (pour plus de gravité) et devrait se livrer, se présenter intrinsèquement aux Français, lui qui est candidat depuis déjà deux ans. « Son histoire personnelle éclaire aussi ses priorités politiques : l’école, l’ascension républicaine, l’ordre, la liberté, l’avenir de nos enfants », détaille un proche conseiller. 

Ne dit-on pas qu’une élection présidentielle est avant tout la rencontre d’un homme avec les Français ? Le candidat devrait être plus expansif qu’à son habitude sur sa vie personnelle. « Je pense qu’il parlera de son statut de père de famille », croit savoir un de ses interlocuteurs réguliers. 

À l’Adidas Arena, 5.000 personnes sont attendues, dont un millier d’élus, et même plusieurs ministres. Le ralliement de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, pourtant membre du parti de Gabriel Attal, a fait couler beaucoup d’encre cette semaine. Elle sera accompagnée de son collègue Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, lui aussi étiqueté Renaissance. Il a annoncé son soutien à Édouard Philippe mercredi sur TF1. Ce sont deux très proches de Gérald Darmanin. 

En tout, six membres du gouvernement assisteront au meeting du candidat Horizons, ainsi qu’un certain nombre de parlementaires du parti de Gabriel Attal, dont Astrid Panosyan Bouvet et Marc Ferracci, deux proches d’Emmanuel Macron, ou encore l’ex-président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Sylvain Maillard. 

Laurent Wauquiez, lui, ne sera pas au meeting, mais sa prise de position est sûrement le premier fait majeur de cette campagne présidentielle à droite. Le chef des députés LR a confié au Figaro (nouvelle fenêtre) mercredi qu’Édouard Philippe pouvait « incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France ». Et cela après avoir dit tout le mal qu’il pensait de sa candidature à de nombreuses reprises ces derniers mois. 

Si l’entourage du candidat Horizons sait que ce soutien est aussi une manière pour Laurent Wauquiez de régler ses comptes avec Bruno Retailleau, il veut y voir tout de même un encouragement à poursuivre le rassemblement de la droite du centre. « On gagne quand on fait des additions, pas des soustractions », assure l’ancien Premier ministre. 

De son côté, Bruno Retailleau préfère pointer le manque de cohérence dans la démarche du député de Haute-Loire. « Je ne veux pas suffisamment de mal à Edouard Philippe pour me réjouir que Laurent Wauquiez le soutienne », a-t-il taclé ce vendredi. « Ce qui dégoûte le plus les Français, c’est de retourner sa veste si souvent », a-t-il poursuivi. En privé, il se félicite même de la vague de soutiens qu’il reçoit sur les réseaux sociaux. 

L’ancien ministre de l’Intérieur reste pour sa part convaincu que les électeurs n’éliront pas un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, comptable du bilan de ce dernier, et que cela finira par se constater dans les sondages. Édouard Philippe dimanche, dans une salle où se déroulent plus souvent des combats de boxe, espère prouver qu’il est toujours en situation de gagner cette compétition de la droite et du centre par K.O.

Léonard ATTAL

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