• Selon une enquête réalisée pour la Fédération hospitalière de France, les biais sexistes sont encore largement répandus dans le secteur de la santé.
  • Plus de 40% des femmes indiquent ainsi que leurs douleurs ont déjà été minimisées par un professionnel de santé.

Les femmes doivent-elles encore plus prouver que les hommes lorsqu’elles souffrent ? C’est la conclusion d’une étude menée par l’Ipsos pour la Fédération hospitalière de France (FHF), et publiée ce dimanche 8 mars, en cette journée des droits des femmes. D’après cette enquête, près de la moitié des femmes (43%) disent avoir déjà subi une minimisation ou une banalisation de leurs douleurs par un professionnel de santé, parce que ce sont des femmes. Un taux qui monte même à 69% pour les moins de 30 ans.

« Aucune femme ne devrait avoir à convaincre qu’elle souffre pour que sa douleur soit reconnue et soulagée », déplore Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF. D’autant que ces biais sexistes dans la prise en charge médicale entraînent des conséquences directes. « Près d’un tiers des femmes indiquent avoir déjà été confrontées à un refus d’antidouleurs ou d’anesthésie, ou à un traitement insuffisant au regard de l’intensité de leur douleur », pointe l’étude.

« Le corps des femmes reste un espace de pressions normatives »

« Les consultations gynécologiques restent également parfois marquées par des pratiques problématiques », poursuit la FHF. « Un tiers déclare avoir déjà vécu une situation lors de laquelle leur consentement n’a pas été pleinement respecté lors d’un examen gynécologique, qu’il s’agisse d’un geste non consenti, d’un manque d’information, d’un respect insuffisant de l’intimité, ou encore de la présence non-annoncée d’un tiers lors de l’examen. Au total, plus d’une femme sur dix indique même avoir déjà souhaité interrompre un examen gynécologique sans parvenir à l’exprimer sur le moment. »

Des pressions se font également ressentir au sujet de la grossesse. Toujours selon cette enquête, « 14% indiquent avoir déjà ressenti une pression pour commencer, poursuivre ou arrêter une contraception contre leur volonté », et « 7% déclarent avoir déjà subi une pression de la part d’un professionnel de santé pour poursuivre ou interrompre une grossesse contre leur volonté ».

« Ces situations rappellent que l’autonomie des femmes dans leurs choix en matière de santé reproductive, pourtant protégée par le droit, n’est pas toujours pleinement respectée », martèle la Fédération hospitalière de France. « Le corps des femmes reste un espace de pressions normatives et d’injonctions, qu’il s’agisse de la maternité, de la contraception ou de l’apparence. »

Idèr NABILI

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