Représentation du passage de la comète de Halley, observée en 1065, sur la tapisserie de Bayeux. L’inscription latine « isti mirant stella » signifie « ces hommes observent l’étoile ».

Le British Museum a répondu, jeudi 15 janvier, aux inquiétudes exprimées par l’artiste britannique David Hockney concernant le déplacement au Royaume-Uni de la tapisserie de Bayeux, en assurant disposer d’une équipe « experte » dans la manipulation et l’entretien de ce genre d’œuvres.

La précieuse broderie, longue de 70 mètres, qui date du XIe siècle, doit être exposée pendant un an à Londres à partir de septembre 2026 avant de regagner Bayeux à la fin de 2027. Mercredi, dans les colonnes du journal The Independent, l’artiste pionnier du pop art, qui a vécu pendant plusieurs années en Normandie, a qualifié le prêt de la tapisserie de « folie ».

« Les 58 scènes narratives [de la tapisserie] sont à Bayeux depuis près d’un millénaire », rappelle le peintre de 88 ans, qui dit avoir vu la tapisserie « plus de 20 fois ces trois dernières années ». L’artiste s’inquiète des « risques importants » que le transport de cette œuvre représente. « La toile de lin est fragilisée par l’âge, et les fils de laine brodés sont vulnérables », souligne-t-il, en avertissant aussi des dangers « de changements brusques de température, d’humidité ou d’exposition à la lumière ».

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« Pourquoi un musée londonien, qui se targue de conserver et de préserver les grandes œuvres d’art veut-il jouer avec la survie de l’image artistique la plus importante d’Europe par sa taille ? », demande-t-il. « C’est de la folie », assène-t-il, en disant ne pas avoir « peur de défendre l’art ».

« Bien que nous comprenions ces préoccupations, le musée dispose d’une équipe de conservation et de collections de renommée mondiale, experte dans la manipulation et l’entretien de ce type de matériel », a réagi Nicholas Cullinan, le directeur du grand musée londonien, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP). Il a ajouté que le musée reçoit et envoie chaque année des « milliers » d’œuvres « plus anciennes que la tapisserie de Bayeux, et leur état et leur sécurité sont toujours d’une importance capitale ».

Le prêt de la tapisserie a été annoncé en juillet par le président français, Emmanuel Macron, lors d’une visite d’Etat au Royaume-Uni. Dans la foulée de l’annonce, de nombreuses voix d’experts se sont élevées pour mettre en garde contre le déplacement de cette œuvre, extrêmement fragile.

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Le Monde avec AFP

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