- Le procès de Mahdieh Esfandiari pour « apologie du terrorisme » commence ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris.
- Alors qui est cette ressortissante iranienne, réclamée par Téhéran en échange de la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris ?
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Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis mai 2022, libérés de prison
Un procès scruté de près. Mahdieh Esfandiari est jugée à partir de mardi 13 janvier, et pour quatre jours, devant le tribunal correctionnel de Paris. Elle est notamment poursuivie pour apologie et de provocation au terrorisme en ligne ainsi que pour injure raciste et d’association de malfaiteurs. À l’issue de cette audience, l’Iranienne pourrait être renvoyée dans son pays en échange du retour dans l’Hexagone des deux Français, Cécile Kohler et Jacques Paris.
Les autorités iraniennes ont, en effet, proposé de relâcher les deux ressortissants tricolores en échange du retour de cette femme de 39 ans. « Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays »
, avait déclaré fin novembre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à la chaîne France 24. En attendant, Cécile Kohler et Jacques Paris restent bloqués à l’ambassade de France à Téhéran, eux qui ont été libérés avec interdiction de quitter le pays après avoir été respectivement condamnés à 20 et 17 ans de prison notamment pour espionnage. Mais alors qui est cette femme, dont le rôle pourrait se révéler central ?
Arrivée en France en tant qu’étudiante
Mahdieh Esfandiari a été arrêtée le 28 février 2025 à Villeurbanne (Rhône). Née en Iran, elle est arrivée dans l’Hexagone après ses 20 ans, en tant qu’étudiante. Résidant dans la région lyonnaise, elle a ensuite développé plusieurs activités. « Après avoir effectué des gardes d’enfants et fondé une entreprise de traduction, interprétariat et enseignement, elle semblait envisager de retourner dans son pays natal »
, retraçait le parquet en octobre. Lors d’une perquisition, suivant son arrestation, des « livres sur le régime iranien, ainsi que plus de 2.000 euros en liquide »
ont été découverts à son domicile.
Quels sont les faits qui lui sont reprochés ?
Mais alors, que lui est-il concrètement reproché ? L’intéressée se trouve au cœur d’une enquête ouverte autour d’un groupe sur les réseaux sociaux baptisé « Axe de la résistance », et proche du site « Égalité et Réconciliation » du polémiste d’extrême droite Alain Soral, condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine. Selon une source proche du dossier, le juge d’instruction considère que l’Iranienne occupait une place centrale dans l’administration des comptes de ce groupe. La trentenaire a, elle-même, revendiqué, devant les enquêteurs, être à l’origine de sa communication sur les réseaux sociaux.
Par ailleurs, Mahdieh Esfandiari est dans le viseur de la justice pour une série de publications en ligne, déclinées aussi en émissions sur Internet, et signalées comme « faisant l’apologie des attentats commis en Israël le 7 octobre 2023, provoquant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive »
. Des faits qu’elle conteste. Parmi les nombreux propos qui lui sont reprochés figure la phrase suivante : « Une attaque qui fait le bonheur de milliards de gens dans le monde… »
en référence aux massacres du 7 octobre. Elle a également célébré un an plus tard, avec des émoticônes, l’anniversaire de cet attentat perpétré par le Hamas.
« Nous abordons très sereinement ce procès qui va permettre à ma cliente de préciser ses propos »
, affirme son avocat, Me Nabil Boudi. Pour lui, il « apparaît prématuré à ce stade d’évoquer un échange tant qu’il y a l’incertitude du volet judiciaire »
. En attendant, la suspecte est placée sous le régime du contrôle judiciaire et a interdiction de quitter le territoire français.

