- Le procès en appel de l’ancien président, dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, s’est ouvert mi-mars.
- Interrogé à la barre cette semaine, Nicolas Sarkozy est revenu sur ses propos acerbes après sa condamnation en première instance.
- Il s’était dit visé par une « haine » sans « limite », une saillie qu’il ne répéterait « sans doute pas » de « cette manière », a-t-il concédé.
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Avec le recul, il ne répéterait « sans doute pas »
la même formule mot pour mot. Au troisième jour de son interrogatoire au procès en appel du financement libyen (nouvelle fenêtre), Nicolas Sarkozy s’est expliqué jeudi 9 avril sur ses déclarations virulentes après sa condamnation en première instance à cinq ans de prison avec exécution provisoire. Il avait alors estimé être la cible d’une « haine »
sans « limite »
, des propos tenus en « état de choc »
, a-t-il justifié.
Jugé depuis mi-mars par la cour d’appel de Paris aux côtés de neuf autres prévenus dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle (nouvelle fenêtre) de 2007, l’ancien président (2007-2012) avait été condamné pour association de malfaiteurs. Juste après l’annonce de sa lourde condamnation (nouvelle fenêtre), le 25 septembre dernier, Nicolas Sarkozy avait lancé aux caméras que « la haine n’a décidément aucune limite »
à la sortie de la salle d’audience, brûlant d’une colère froide.
L’exécution provisoire « n’avait fait l’objet d’aucun débat », assure l’ex-président
La virulence de ce terme avait mené plusieurs hauts magistrats (nouvelle fenêtre), dont le procureur national financier de l’époque, à prendre la parole pour y répondre. Ce jeudi matin, Nicolas Sarkozy a été interrogé à ce sujet par un avocat des parties civiles, Me Vincent Ollivier, à la fin de son tour de questions.
, s’est justifié à la barre l’ex-chef de l’État, qui avait été incarcéré vingt jours (nouvelle fenêtre) avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire, dans l’attente du procès en appel (nouvelle fenêtre).
« Chacun peut comprendre l’état de choc dans lequel se trouve celui qui apprend qu’il est condamné à cinq années de prison, et que de surcroît il y aura une application immédiate, alors même que ce point n’avait fait l’objet d’aucun débat à l’audience »
Le « mot
haine«
visait « un certain nombre de personnes »
, « dans mon esprit »
, a-t-il ajouté. « Il visait les kadhafistes (…), il visait l’officine Mediapart qui me poursuit de cette haine depuis des années, il visait aussi une partie du réquisitoire du parquet national financier qui avait prononcé de mon point de vue des propos qui semblaient peu juridiques et plus politiques »
, a affirmé l’ex-président.
Nicolas Sarkozy fait valoir qu’il défendait « aussi » son pays.
Nicolas Sarkozy a toutefois regretté à demi-mot cette formulation. « Est-ce que je le redirais de cette manière, sans doute pas. Est-ce que c’était mon état d’esprit à ce moment-là ? Oui »
, a-t-il lancé. « Pour le reste je crois avoir démontré tout au long de ce long calvaire judiciaire que je respectais l’institution, que je déférais à
toutes les convocations
(nouvelle fenêtre), que j’essayais de répondre le mieux possible »
, a également assuré le prévenu de 71 ans, reconnaissant que son art oratoire politique n’était peut-être parfois « pas adapté aux réalités d’un procès »
.
Nicolas Sarkozy a aussi fait valoir qu’en défendant son « honneur »
et sa « probité »
, il défendait « aussi »
son pays. « Quand un ancien président de la République franchit les portes de la (prison de la) Santé, c’est humiliant aussi pour son pays »
, a-t-il déclaré. De manière générale, depuis l’ouverture du procès en appel, l’attitude réservée de l’ex-chef de l’État tranche avec sa posture prolixe et bouillonnante du procès en première instance.

