- Une enseignante d’arts plastiques a été poignardée par un de ses élèves le 3 février dernier dans un établissement de Sanary-sur-Mer.
- Le collégien a été mis en examen pour tentative d’assassinat ce jeudi et placé en détention provisoire, a indiqué le procureur de la République de Toulon.
- L’état de santé de la professeure reste préoccupant, a-t-il ajouté.
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Var : une professeure poignardée par un élève dans un collège de Sanary-sur-Mer
L’adolescent de 14 ans, élève de 3ᵉ au collège La Guicharde à Sanary-sur-Mer (Var), qui a reconnu avoir poignardé sa professeure d’arts plastiques dans l’enceinte de l’établissement, a été mis en examen ce jeudi 5 février pour tentative d’assassinat et placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD), a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland lors d’un point presse. Étant mineur de moins de 16 ans, s’il est un jour jugé pour ces faits, il encourra vingt ans de prison et non la perpétuité.
L’état de la victime reste « préoccupant »
Le procureur a débuté sa conférence de presse en indiquant que l’état de santé de la professeure poignardée, âgée de 60 ans, restait « préoccupant »
, les médecins étant « réservés »
sur le pronostic vital, « compte tenu de la gravité des blessures ayant nécessité de lourdes interventions chirurgicales, encore aujourd’hui même »
, a précisé Raphaël Balland. L’enseignante est prise en charge à l’hôpital militaire de Sainte-Anne à Toulon.
Le procureur de Toulon a rappelé que l’adolescent, qui aura 15 ans dans un mois, a été immédiatement appréhendé après les faits par un personnel de l’établissement, avant d’être placé en garde à vue. Au cours de cette garde à vue, le collégien a « reconnu être l’auteur des quatre blessures infligées à la victime avec le couteau »
, un Opinel doté d’une lame de 12 cm qui était dissimulé dans son sac. La professeure a reçu trois coups de couteau au niveau de l’abdomen, et un au niveau de l’avant-bras gauche. Les faits ont été commis dans la salle de classe, au moment de la pause de 14h25, en présence d’autres élèves.
L’adolescent regrette son geste
L’adolescent a affirmé avoir pris l’arme le matin de l’agression, dans la cuisine familiale, projetant de « planter »
sa professeure, car il avait développé « trop de haine »
à son encontre, a retracé le procureur. « Il estimait que sa professeure avait été injuste avec lui, en relevant plusieurs incidents disciplinaires à son encontre ces dernières semaines »
, a détaillé Raphaël Balland. Pronote, le logiciel de la vie scolaire, signalait dix incidents le concernant depuis la rentrée de septembre, « allant du simple oubli de son matériel »
à « des propos irrespectueux à l’encontre de plusieurs professeurs »
,
en passant par des bavardages et des retards. Cinq de ces incidents ont été relevés par la professeure d’arts plastiques.
Il voulait ‘la planter pour qu’elle ait mal’
Il voulait ‘la planter pour qu’elle ait mal’
Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon
L’élève de 14 ans a par ailleurs affirmé n’avoir pensé qu’à une chose, la matinée du jour de l’agression : « assassiner »
sa professeure. Il a précisé aux enquêteurs qu’il connaissait la différence entre un meurtre et un assassinat et qu’il était conscient qu’un « assassinat était plus grave »
, a relaté le procureur. Quelques jours avant, il avait cherché sur Internet les « risques judiciaires encourus par un mineur qui tuerait sa professeure »
.
Le suspect a également révélé aux policiers qu’il avait apporté, la semaine précédente, un couteau au collège afin d’agresser son enseignante, avant d’y renoncer par peur. Au terme de sa première audition, l’adolescent a assuré qu’il regrettait son geste, avait ressenti « une grosse haine »
envers lui après les faits, allant jusqu’à se porter des coups. Dans sa seconde audition, qui s’est tenue mercredi, il a admis qu’il n’avait pas eu l’intention de tuer sa professeure, mais « la planter pour qu’elle ait mal »
.
« Aucun élément de radicalisation religieuse ou politique »
Ce jeudi, devant le magistrat instructeur, l’adolescent a confirmé ces déclarations, ajoutant qu’il avait souhaité « se venger car il craignait d’être exclu en raison des incidents relevés par sa professeure »
, a cité le procureur de Toulon. L’élève a répété qu’il regrettait son geste, certifiant que la professeure ne le méritait pas, évoquant même « un coup de folie »
et la « possibilité de mettre fin à ses jours »
, a déclaré Raphaël Balland. L’avocate de l’adolescent, Me Margaux Albertini-Loiseau, a indiqué à l’AFP que « ce qui est important pour mon client c’est le sort de la victime, il espère qu’elle survive et qu’elle s’en sorte »
.
Le procureur de la République de Toulon a également dressé un portrait du garçon, affirmant qu’il ne pratiquait aucune religion et qu’« aucun élément de radicalisation religieuse ou politique n’a été retrouvé »
. Toutefois, l’adolescent possédait bel et bien plusieurs armes blanches dans sa chambre, car il trouvait cela « stylé »
. Il a par ailleurs souligné ne consommer aucun stupéfiant ; les dépistages d’alcool et de stupéfiants réalisés après son interpellation se sont d’ailleurs révélés négatifs. L’adolescent ne prenait pas non plus de traitement médicamenteux.
Le suspect jouait régulièrement aux jeux vidéo, a poursuivi le procureur, mais « pas plus d’une à deux heures par jour, le mercredi et le week-end »
. Il évoluait également dans un cadre familial compliqué : des mesures d’assistance éducative avaient été ordonnées par un juge des enfants après des « signalements concernant des violences qui auraient été commises par les parents uniquement sur sa petite sœur »
avec prescription d’une thérapie familiale. « Ses parents ne comprennent absolument pas son geste, le décrivant comme étant habituellement calme et gentil. Ils sont effondrés par la situation »
, a encore rapporté le procureur.

