« Quand on n’assume pas, on délègue. » L’adage, en vogue dans l’armée pour moquer les fuites de responsabilité, s’applique parfaitement à l’affaire des quatre Saint-Cyriens soupçonnés d’avoir mis le feu à un navire au Japon. Révélé tardivement, l’incident fait l’objet d’une enquête en France. Il choque un Japon sensible au comportement des militaires étrangers et sur le point d’accueillir, du 31 mars au 2 avril, le président français, Emmanuel Macron, et sa ministre des armées, Catherine Vautrin. « Si les Japonais souhaitent évoquer cette affaire, on pourra évidemment faire un point d’étape sur les procédures en cours », précise l’Elysée.
Les faits remontent au 25 novembre 2024. Quatre élèves de la prestigieuse école d’officiers sortent d’un stage à l’Académie nationale de défense japonaise, à Yokosuka, au sud de Tokyo. Profitant de quelques jours de détente, ils partent en goguette à Okinawa, dans le sud-ouest du Japon, louent une voiture à l’aéroport de Naha puis gagnent Nago, dans le nord de l’île.
Longeant la côte, ils aperçoivent, ancré dans la baie de Haneji, le Koichi Seiko, un navire utilisé pour l’extraction et le transport de gravier. Hors d’usage, le rafiot est au cœur d’un imbroglio juridique. Il a été acheté en 2000 pour 500 millions de yens (près de 5 millions d’euros de l’époque) par une société désireuse de participer aux travaux de remblaiement pour la construction de la base américaine de Henoko, qui dépend de Nago. L’acheteur ne connaissait pas l’état du navire. Il a porté plainte pour escroquerie.
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