• Une amitié à sens unique fatigue celle ou celui qui s’investit sans réciprocité.
  • Ce déséquilibre peut affecter l’estime de soi et provoquer un épuisement émotionnel.
  • Il peut être nécessaire de revoir ses attentes pour préserver sa santé mentale.

Un ami est une personne sur laquelle vous pouvez toujours compter. Malheureusement, il arrive qu’avec certaines personnes, le lien se distende, s’estompe, il se fait moins fort. Pire, les échanges semblent plus lourds et nous laissent étrangement vidés. C’est encore plus vrai lorsque l’effort pour maintenir le lien ne se fait que dans un seul sens. Vous êtes celui ou celle qui appelle, qui envoie des messages en premier, qui écoute, qui initie, qui conforte. L’autre prend, répond (ou pas), mais ne donne que le minimum syndical. C’est ce qu’on appelle une amitié unilatérale.

Une amitié n’exige pas un équilibre parfait, mais…

« Une amitié à sens unique reste déséquilibrée et nuit à la qualité du lien affectif« , écrit le psychologue américain Mark Travers dans Psychology Today (nouvelle fenêtre). Et surtout, elle impacte la santé mentale. (nouvelle fenêtre) Si une amitié n’exige pas un équilibre parfait, elle se nourrit de réciprocité et elle ne peut exister que si les deux personnes manifestent de l’intérêt, de l’attention et des efforts pour que le lien ne se perde pas avec les années. « Dans les amitiés déséquilibrées, cet équilibre se rompt peu à peu« , explique le spécialiste de la santé mentale. 

Il précise : « L’un des deux, souvent sans s’en rendre compte, prend l’initiative de toutes les rencontres, écoute plus qu’on ne l’écoute et s’adapte aux besoins changeants de l’amitié. L’autre, de son côté, en profite sans jamais rendre la pareille« . Ce n’est pas toxique à proprement parler, l’autre n’est pas forcément méchant, ni manipulateur, mais il peut être « émotionnellement indisponible, égocentrique ou constamment distrait« . Résultat : le lien devient épuisant émotionnellement parlant (nouvelle fenêtre) pour la personne qui est toujours à l’initiative des échanges et des rencontres. Surtout, le système nerveux ne comprend pas s’il y a un conflit à résoudre et le cerveau « peine, souvent pendant longtemps, à comprendre la situation« , indique Mark Travers. Pire, des études ont démontré qu’être ignoré ou avoir l’impression d’être insignifiant pour l’autre « déclenche une activité dans le cortex cingulaire antérieur, une région associée à la détresse« .

Laisser le lien se détendre naturellement ?

Sur le long terme, une amitié unilatérale peut conduire à l’épuisement émotionnel, le lien devient un poids, une souffrance et non plus un refuge, et elle impacte également d’autres sphères. En premier lieu, l’estime de soi. « Lorsqu’un ami pose rarement des questions, ne s’intéresse pas à notre vie ou ne manifeste aucune curiosité, on peut finir par croire que cette absence d’attention est le signe d’un manque d’importance« , écrit Mark Travers. Ce qui est faux, évidemment, mais c’est ce que la personne délaissée finit par croire. 

Le psychologue invite donc les personnes qui se sentent seules dans un lien amical à prendre conscience de ce déséquilibre. Deuxièmement, il conseille de revoir ses attentes en intégrant que tous les amis ne peuvent pas combler nos besoins émotionnels. Cette attente peut aussi se traduire d’une autre manière : laisser l’amitié se détendre naturellement. Et de conclure : « Les amitiés saines n’exigent pas une intensité constante, mais une présence émotionnelle mutuelle et régulière ».

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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