A la suite d’une attaque aérienne russe, à Kiev, le 31 juillet 2025.

Jedrzej Nowicki : 5 h 16, le 31 juillet 2025. Un jour d’été se lève sur Kiev. Devant une khrouchtchevka [un type d’immeubles d’habitations en briques qui s’est développé en Union soviétique, au début des années 1960], un homme se tient debout, la tête entourée d’un bandage d’où s’échappent de minces filets de sang. Au coin des lèvres, un mégot encore incandescent. Le regard perdu au loin, il serre contre lui un vieux tabouret. Est-ce tout ce qu’il reste de sa vie ? Derrière lui, les flammes dévorent son appartement.

A Kiev, cette scène n’a plus rien d’exceptionnel. En 2025, les attaques russes contre la capitale se sont nettement intensifiées. Selon United24 [une plateforme gérée par le gouvernement ukrainien], la Russie a utilisé plus de 60 000 bombes aériennes guidées contre l’Ukraine, plus de 2 000 missiles et plus de 100 000 drones.

Les sirènes d’alerte ont retenti au moins 19 000 fois. Quatre jours seulement, sur toute l’année, se sont écoulés sans attaque aérienne russe. Plus de 2 500 civils ont été tués et plus de 12 000 blessés. Ce sont les chiffres de 2025. Derrière ces statistiques, il y a cet homme, un tabouret à la main, un mégot aux lèvres, de fins ruisseaux de sang coulant sous son bandage. A l’arrière-plan, la khrouchtchevka brûle.

Il vous reste 82.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version