L’actu de « Chaleur humaine
Nouvel épisode. « Climat : faut-il renoncer aux voyages en avion ? », avec Yoann Demoli, sociologue spécialiste des mobilités. Qui sont les Français qui prennent l’avion et à quelle fréquence ? Pourquoi les voyageurs aériens ont-ils autant de mal à renoncer à ces voyages très polluants ? L’enquête menée par Yoann Demoli répond en partie à ces questions. C’est à écouter par ici.
Questions pour les maires. Les nouveaux maires prennent leurs fonctions. C’est le moment de lancer des projets dans les communes. Les citoyens peuvent interpeller leurs édiles dans plusieurs domaines sur lesquels ces derniers ont la main. Comme l’eau, la mobilité, l’alimentation ou l’adaptation de leur ville au changement climatique. On vous redonne tous les arguments dans cette série de « Climat : vos questions » concoctée pour les municipales.
Vous êtes prof ? Cette question vous concerne ! Si vous utilisez « Chaleur humaine » dans vos cours et vos formations, seriez-vous d’accord pour nous en dire plus ? Cela nous permettrait de partager ces expériences dans une prochaine infolettre. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez remplir ce formulaire rapide ou nous écrire à l’adresse chaleurhumaine@lemonde.fr
La question de la semaine
Cette semaine, nous vous recommandons des lectures de printemps. Voici quatre livres pour apprendre à reconnaître les espèces de fleurs, pour imaginer joyeusement que les mares sont protégées par des lutins, pour comprendre la vie d’un arbre jusqu’à sa transformation en chaise ou pour comprendre les interactions entre les petites bêtes et les belles plantes. Il y en a pour tous les âges, et cela vous donnera peut-être envie de vous lancer dans la création d’un jardin ou d’un potager. Bêcher, biner, rempoter : c’est la saison. C’est bon pour la santé, le moral, la biodiversité et le climat. Bonne lecture !
1/Florama, Lise Voisard (Helvetiq, 24,90 euros)
Ce guide de reconnaissance de 25 fleurs d’Europe, très beau et très pédagogique, est destiné aux plus de 6 ans, mais j’y ai appris une foule de secrets. Dans les jardins, les fleurs de l’hortensia changent de couleur, de bleu à rose, en fonction de la composition du sol ; celles de la grande capucine, rouges, sont portées par un éperon de même forme que le capuchon des moines capucins, alors que l’iris nain aux belles fleurs bleu violet se démultiplie à partir de ses rhizomes souterrains. Dans les prairies, le bleuet était autrefois appelé « casse-lunettes » tant ses vertus pour les yeux étaient reconnues, alors que le bouton d’or vient d’un nom latin signifiant « petite grenouille », parce qu’il affectionne aussi les zones marécageuses. En forêt, l’oxalis des bois, aux cinq pétales blancs nervurés de rose, lance ses graines à un mètre de distance ; la violette odorante ne fleurit qu’à l’abri du soleil, car ses pétales fragiles s’assèchent vite. Portraits de fleurs, schémas de reproduction, cycles de vie, les dessins précis, à la fois réalistes et poétiques, de l’autrice permettent de rêver un peu et de se lancer dans l’observation minutieuse des fleurs de printemps.
2/Manuel magique de mon jardin, Eric Lenoir (Payot, 25 euros)
Voici un manuel de petit jardinier bien barré ! C’est ce qui fait son charme, et surtout ce qui éveillera peut-être l’intérêt des enfants ayant le goût des trolls et lutins facétieux pour les jardins mal ordonnés. Eric Lenoir, paysagiste de métier et auteur d’un grand et d’un petit traité de « Jardin Punk », tous deux publiés chez Terre vivante, milite pour des jardins sobrement entretenus, plutôt fauchés que tondus, plus proches du sauvage que du cultivé, propices à abriter une biodiversité riche. Dans son nouveau livre, il mélange des observations naturalistes rigoureuses et des conseils précis pour identifier la qualité de la terre près d’une mare, faire la différence entre une forêt et un bosquet, réussir des germinations, en évoquant des histoires loufoques et féeriques de gnomes protecteurs des plantes et des racines. Comme l’osguth, animal sous-terrain à écailles, dressé par des lutins à démolir les tondeuses qui détruisent les fleurs, le yoohitipolom, petit mammifère arboricole ami des mousses, qu’il laisse coloniser son pelage, ou encore le guigenouli, être aquatique pacifique affectionnant les mares dans lesquelles il envoie des « ondes de bonheur » qui calment les promeneurs.
3/Histoires d’un arbre, Mathias Bonneau (Seuil, 25,90 euros)
L’auteur, bûcheron après avoir fait des études d’architecture, nous conte le destin d’un hêtre de 70 ans proche de la ferme de ses parents, dans le Tarn, de sa naissance à sa transformation en fauteuil à quelques encâblures de là. A l’aide de dizaines de croquis et de dessins commentés, un peu à la manière d’une bande dessinée, il nous livre un témoignage dans lequel on apprend tout des métiers et des techniques nécessaires à cette aventure : en quoi consiste le fait d’éclaircir une parcelle de forêt, comment couper un arbre, quelles sont les étapes d’un passage à la scierie, que se passe-t-il quand le bois sèche, quelles formes peut-on espérer façonner dans quel bois, quels outils correspondent à quelles pièces d’un meuble… Une bande de copains – scieur, designer, ébéniste – participe à l’aventure, et tous leurs points de vue, concernant la forme comme la technique, sont ici rapportés, mais aussi leurs doutes et leurs impasses. Mathias Bonneau raconte ce long chemin avec précision et pédagogie, met en parallèle tous ces gestes et la consommation massive de bois dans le mobilier standardisé, pour enfin nous laisser choisir où nous souhaitons « poser nos fesses ».
4/Jardiner, les sciences cachées du jardin, dirigé par Jean-Michel Groult (Ulmer, 25 euros)
Associé à l’exposition du même nom montée à la Cité de sciences et de l’industrie, ce livre réunit la science, l’histoire, la poésie et la pratique. De nombreux jardins remarquables par la richesse de leur biodiversité ou l’inventivité de leurs jardiniers y sont explorés. Le livre fourmille d’information pour les curieux : la vision des couleurs des fleurs par les insectes, très différente de la nôtre ; le changement de pigmentation d’une fleur quand les pétales perdent leur eau ; le nom des mauvaises herbes comestibles, comme le pourpier, le mouron ou la doucette ; ou les preuves scientifiques des bienfaits du jardinage sur la santé physique et mentale. On y apprend le rôle des détritivores, des bactéries aux lombrics, les interactions entre plantes, oiseaux, insectes et champignons. Les techniques d’adaptation des jardins au changement climatique y sont détaillées par le menu : amélioration de l’absorption de l’eau, couvert arboré, paillage, et même xeriscaping, une technique californienne consistant à associer des plantes originaires du désert, capables de se passer de tout arrosage, à des plantes de garrigue.
Un épisode au hasard
« Climat : faut-il changer de voiture pour réussir la transition ? ». Dans cet épisode, Diane Strauss, directrice de l’ONG Transport et environnement France et membre du Haut Conseil pour le climat réfléchit à la manière la plus juste de décarboner la voiture individuelle. A écouter ici.
Un peu de « Chaleur humaine » en plus
Sur mon écran. Phoenix, une série de Franck Brett en six épisodes, disponible sur France TV. Ce thriller met en scène un groupe de jeunes écolos qui décident d’enlever les enfants des dirigeants des entreprises européennes les plus polluantes pour forcer ceux-ci à agir pour le climat. Même si cette série ne m’a pas convaincue, je trouve intéressant de voir apparaître ces thèmes (et je veux bien votre avis, ou celles de vos ados : parentsetclimat@lemonde.fr)
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Dans mes oreilles. « Jean-Baptiste Del Amo, écrire pour sauvegarder la multiplicité d’un monde qui s’efface », un épisode de l’émission « La Terre au carré » dans lequel l’écrivain raconte ses liens avec la nature et les animaux, tissés lorsqu’il était enfant, et comment ils ont influencé son écriture. A écouter ici.
Sur ma table de nuit. Les Saisons d’un lac, Jonathan Hope (Seuil, 14 euros). Un récit venu du Québec dans lequel l’auteur raconte la transformation du lac qui borde sa ville natale. Un lac ordinaire, malmené, pollué par l’industrie lourde et asséché par les impacts du changement climatique, mais encore source de rêverie, de joie et d’aventures.

