Alors que la fécondité, c’est-à-dire le nombre d’enfants par femme, recule dans la quasi-totalité des régions du monde, une question s’impose avec de plus en plus d’insistance dans les débats démographiques et de santé publique : quelle part de cette baisse relève d’un choix et quelle part tient à une incapacité biologique à concevoir ?

Cette question s’est largement invitée dans le débat public en France, où l’indicateur conjoncturel de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, le chiffre le plus bas depuis la fin de la première guerre mondiale, selon le bilan démographique de l’Insee publié le 13 janvier. Deux ans auparavant, le 16 janvier 2024, dans son discours sur le « réarmement démographique », le président de la République, Emmanuel Macron, avait fait de l’infertilité l’une des causes de la baisse de la natalité dans le pays, la qualifiant de « fléau » et de « tabou du siècle ». Mais, au-delà de l’enjeu politique, ce point continue de faire l’objet d’un désaccord profond entre démographes et experts de la fertilité.

Les preuves d’une infertilité croissante s’accumulent. Des estimations internationales récentes, basées sur des études régionales menées de 1990 à 2021, suggèrent qu’environ une personne sur six dans le monde a été confrontée à l’infertilité au moins une fois dans sa vie, c’est-à-dire qu’au moins douze mois de rapports sexuels réguliers non protégés n’ont pas abouti à une grossesse. Cette proportion reste relativement stable selon les régions, allant de 16,5 % de la population en âge de procréer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire à 17,8 % dans ceux à revenu élevé. En France, près de 3,3 millions de personnes en âge de procréer sont touchées par l’infertilité.

Il vous reste 80.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version