• La forêt des Landes de Gascogne est détenue à 90 % par plus de 60.000 propriétaires privés.
  • Qui est responsable de l’entretien, du débroussaillement ou de la création de pare-feux ?
  • Réponses dans ce reportage sur place du JT de TF1.

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On pourrait penser qu’une forêt appartient à tout le monde. Ce n’est pas le cas : la plupart à travers le pays sont attachées aux habitants des maisons en bordure de ces espaces boisés. Celle des Landes de Gascogne, où 42.000 hectares ont brûlé depuis le 22 juillet, compte au total 60.000 propriétaires détenant près d’un million d’hectares. Bernard, sylviculteur au Porge (Gironde), considère sa parcelle comme son patrimoine. Ou du moins, la considérait comme son patrimoine, sa fille et lui ayant perdu l’intégralité de leurs 100 hectares de pins en quelques heures ce lundi 22 juillet. « Je l’ai donné à ma fille mais elle n’aura pas de revenus avant vingt ans. C’est très triste parce que finalement c’est quelque chose qu’on a depuis des générations », réagit-il, interrogé par TF1 dans le reportage du 20H visible en tête de cet article. « On verra en famille ce qu’on fait mais c’est compliqué de prendre une décision maintenant, on n’a même pas fait le tour de ce qu’on a perdu », ajoute sa fille, Aude.

Non loin de là, à Belin-Béliet (Gironde), François Saugnac, propriétaire de 350 hectares de forêt, accuse aussi le coup. Pour lui, l’exploitation du bois est à la fois une passion familiale et un complément de revenus. Lors des feux de Landiras (Gironde) en 2022, il a perdu 15 hectares. Depuis, il a installé un pare-feu. « C’est une parcelle qui a été claircie il y a trois mois », précise-t-il en l’arpentant. « Regardez, on voit ici le passage du débroussailleur, du rouleau landais, ce sont les lames qui coupent la végétation. C’est une coupe rase que nous faisons dans un espace boisé pour se sécuriser, pour faire de la prévention au cas où un feu arrive de chez le voisin, ou parte de chez nous vers le voisin. J’ai un voisin qui ne débroussaille pas, c’est honteux ! »

Il n’a pourtant aucune obligation légale de le faire, au-delà d’un certain périmètre. « Les obligations légales de débroussaillement, elles ne sont pas attachées aux propriétaires de la forêt. Elles sont attachées aux propriétaires des maisons en bordure de forêt, qui font que chaque propriétaire de maison doit débroussailler au moins 50 mètres autour de sa maison », détaille, au micro de TF1, Antoine de Ponton d’Amécourt, président de la Fédération nationale des propriétaires forestiers sylviculteurs (Fransylva). Une obligation non respectée dans deux cas sur trois. Une des raisons pour lesquelles la famille Saugnac a choisi d’assurer sa forêt. Ce que font moins de 10% des propriétaires de maisons situées en bordure de forêt.

Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Marine BROSSARD, Grégoire GUIST’HAU, Alice BROUSSE

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