En juillet 1964, après des décennies de luttes menées par les mouvements en faveur de l’égalité raciale, le Congrès américain votait la fameuse loi sur les droits civiques. Un important volet concernait le monde du travail, interdisant toute discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion, l’origine nationale et même sur le genre – ajout surprise d’un représentant démocrate. Qui aurait pu imaginer alors que l’agence fédérale chargée de faire respecter ces règles accuserait un jour une entreprise de ségrégation antihommes ?

En septembre 2024, Coca-Cola Beverages Northeast, un embouteilleur et distributeur du célèbre soda, avait organisé un événement de réseautage dans un casino du Connecticut auquel avaient participé quelque 250 femmes. Un de leurs collègues s’était ensuite plaint auprès de l’Equal Employment Opportunity Commission, car ces deux jours de rencontres n’étaient pas ouverts aux hommes. L’agence gouvernementale lui a donné raison. Mercredi 18 février, la commission a annoncé qu’elle lançait des poursuites au nom du plaignant, auprès d’un tribunal du New Hampshire, contre le sous-traitant de The Coca-Cola Company pour « violation » des lois fédérales, se disant « déterminée à garantir que tous les employés, hommes et femmes, bénéficient d’un accès égal à tous les aspects de leur emploi, y compris la participation à des événements parrainés par l’employeur ».
Dès son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025, Donald Trump avait déclaré illégaux les programmes mis en œuvre dans les entreprises en faveur de l’inclusion et de la diversité. Sous la houlette de sa nouvelle présidente, Andrea Lucas, officiellement en poste depuis novembre 2025, l’agence créée afin de protéger les opprimés se charge donc désormais de rétablir la loi du plus fort, sous couvert d’égalité. Avec un objectif clair : accrocher des scalps « woke » à son fronton.
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