Un meeting du RN en soutien à Marine Le Pen doit se tenir dimanche 6 avril place Vauban à Paris.
Dans un entretien accordé au « Parisien », François Bayrou désapprouve cette manifestation.
Le Premier ministre s’est également exprimé sur le message de soutien de Donald Trump adressé à Marine Le Pen.
En réponse à la condamnation en première instance de Marine Le Pen (nouvelle fenêtre) à quatre ans de prison (dont deux ferme sous bracelet électronique) ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate pour détournement de fonds publics, une peine qui compromet ses chances de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, une mobilisation organisée par le Rassemblement national (nouvelle fenêtre) se tiendra à Paris dimanche 6 avril, en soutien à la cheffe de file des députés RN. Mais pour François Bayrou, cette manifestation n’a pas lieu d’être.
« Manifestation, contre-manifestation… C’est aussi vieux que la République. Mais ce n’est ni sain ni souhaitable puisque nos institutions organisent à la fois la séparation des pouvoirs et la protection de la justice », a assuré le Premier ministre dans une interview au Parisien (nouvelle fenêtre) publiée ce samedi 5 avril.
François Bayrou appelle à une « réflexion sur notre droit »
Dans la foulée de la condamnation de Marine Le Pen, qui a également écopé d’une amende de 100.000 euros, François Bayrou avait fait part de « son trouble ». « Il y a le jugement en face duquel je n’ai qu’une attitude : il s’impose et je défends les juges, car c’est ma mission de citoyen et de gouvernant », a argumenté le chef du gouvernement, avant d’ajouter : « Il y a des interrogations sur l’application du jugement avant qu’il puisse y avoir un appel. »
Pour lui, il s’agit d’une « réflexion sur notre droit ». « C’est le Parlement qui est souverain », a-t-il souligné, assumant avoir « toujours exprimé la même position : on devrait toujours avoir la possibilité de faire appel d’un jugement en première instance. »
Dans le même entretien, François Bayrou a également réagi au message de soutien adressé par Donald Trump à Marine Le Pen. Le président américain a estimé que cette dernière était victime d’une « chasse aux sorcières ». « L’ingérence est devenue la loi du monde », a jugé le Premier ministre, qui a affirmé qu’il n’y avait « plus de frontières pour les grands débats politiques ».