Giorgia Meloni vote lors du référendum sur la réforme du système judiciaire italien avant la fermeture des bureaux de vote à Rome, le 23 mars 2026.

Le « non » à la réforme judiciaire en Italie voulue par la Première ministre Giorgia Meloni l’emporte avec plus de 54 %, après le dépouillement des bulletins de plus de la moitié des bureaux de vote, indique lundi après-midi le site du ministère de l’Intérieur.

Un échec du référendum serait un coup dur pour Mme Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d’une stabilité inhabituelle. Elle a toutefois exclu catégoriquement l’idée de démissionner en cas de défaite. « Nous avons dit dès le début que le référendum n’aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement », a répété Galeazzo Bignami, chef du groupe Fratelli d’Italia (FdI), le parti de Mme Meloni, à la Chambre des députés, sur la chaîne télévisée La7.

Le gouvernement de Mme Meloni jugeait néanmoins cette réforme indispensable pour garantir l’impartialité du système judiciaire. La réforme entend séparer les carrières des juges et des procureurs et modifie le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe qui supervise tous les magistrats et est en charge des affectations, mutations et promotions. Le ministre de la justice, Carlo Nordio avait comparé le Conseil supérieur de la magistrature à une organisation « paramafieuse ».

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Dans un message vidéo publié cette semaine, Mme Meloni avait qualifiée ce vote d’« occasion historique de rendre le système judiciaire plus méritocratique, plus responsable, plus efficace ». L’opposition y voit en revanche une tentative de mainmise du pouvoir sur les magistrats, critiquant une réforme qui ne s’attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées. Elly Schlein, présidente du Parti démocrate (centre gauche), a dénoncé un projet de loi mal rédigé et qui « affaiblit l’indépendance du pouvoir judiciaire ».

« Nous l’avons fait ! Vive la Constitution ! » a pour sa partt écrit Giuseppe Conte, leader du mouvement M5S et partisan du non, lundi à l’annonce des premières estimations. « Fin de la partie. Quand le peuple parle, le gouvernement doit écouter », a renchéri l’ancien président du Conseil des ministres, Matteo Renzi.

Lundi, « de nombreux magistrats milanais se sont réunis dans la salle de l’Association nationale des magistrats (ANM), au premier étage du Palais de Justice, pour attendre les résultats. Dès que les premiers sondages à la sortie des urnes ont donné le “non” en tête, beaucoup ont applaudi. (…) Un sentiment de satisfaction règne », relate Il Corriere.

Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés Hervé Rayner, politiste : « En Italie, la tentative de mise sous tutelle des magistrats s’inscrit dans une offensive visant à neutraliser les contre-pouvoirs »

Le Monde avec AFP

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