
Depuis douze ans, Alain Veinstein est entré dans une nouvelle vie : il a quitté le studio de radio pour rejoindre l’atelier du peintre. Dans son nouvel ouvrage, Compter les jours, il poursuit un patient travail d’introspection – une méditation sur le temps, la mémoire et la persistance du regard, où l’écriture se confronte désormais à la pratique picturale.
Pendant vingt-neuf ans, de 1985 à 2014, cet immense intervieweur du soir, né en 1942, également écrivain et auteur d’une œuvre foisonnante – parmi laquelle Le Développement des lignes ou encore Radio sauvage (Seuil, 2009 et 2010) –, a animé sur France Culture « Du jour au lendemain », une émission quotidienne diffusée à minuit.
En près de trente ans, il y a accueilli quelque 6 800 écrivains, des plus célèbres (Marguerite Duras, Louis‑René des Forêts, Peter Handke, Pascal Quignard…) aux plus discrets, comme Christian Gailly ou Jean Daive. Lors de ces entretiens feutrés, scandés de longs silences, les questions ouvertes de Veinstein, que son ami Yves Bonnefoy décrivait « comme des amorces de réponses », installaient un véritable dispositif de résonance. « “Du jour au lendemain” n’était pas une émission littéraire : la parole y comptait davantage que les livres », explique aujourd’hui Alain Veinstein.
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