• Ces végétaux exotiques, venus chez nous par hasard ou par accident, finissent parfois par étouffer d’autres espèces.
  • Dans la Drôme, des chercheurs du CNRS tirent parti de cette situation.
  • La renouée du Japon, par exemple, qui prolifère le long d’un bras du Rhône, est transformée en émollient.

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Initiatives environnementales

Nous ne sommes pas en Amazonie, mais dans la Drôme. « Vous voyez ici des renouées exotiques qui ont tout envahi », montre Claude Grison dans le reportage du 20H ci-dessus. « On ne voit absolument aucune autre espèce végétale au sol. Et il y en a comme ça pendant plusieurs kilomètres », explique la directrice de recherche au CNRS. Ces plantes originaires d’Asie du Sud-Est prolifèrent le long d’un bras du Rhône depuis plusieurs années. 

Au départ, c’était une plante ornementale, introduite en Europe au XIXᵉ siècle, appréciée pour son beau feuillage et ses fleurs parfumées. Mais elle s’est propagée dans la nature de manière totalement exponentielle à partir du milieu du XXᵉ siècle. Cette équipe du CNRS surveille de près son évolution. La plante peut atteindre quasiment 4 mètres en une seule saison. Un cauchemar pour les gestionnaires des rivières, car la plante fragilise les berges. « On a un maintien des sols moins bon, on a plus d’érosion de surface », explique Romain Brusson, ingénieur environnement pour la Compagnie nationale du Rhône. 

Emollient naturel

Pour s’en débarrasser, inutile d’essayer de l’arracher. « Si on oublie un tout petit morceau de racine, c’est un cas de reprise », souligne Claude Grison. Les crues des rivières emportent les rhizomes, favorisant leur expansion sur le territoire. Mais les chercheurs ont trouvé une solution. Une clairière a été créée en répétant des opérations de fauchage, qui ont permis d’épuiser la plante, et ainsi de contrôler sa prolifération. 

L’équipe du CNRS parvient à récolter chaque année 17 tonnes de renouées exotiques lors de ces campagnes de fauche. Plutôt que d’être jetées, les plantes vont être séchées, puis broyées pour être réutilisées en laboratoire. Elles sont transformées en une solution liquide, qui est un excellent émollient, utilisé pour son onctuosité dans les shampoings ou les crèmes. « L’intérêt de ce produit, c’est qu’il est complètement naturel. » Il n’a aucune toxicité. Et surtout, la nature le connaît bien. Donc, il va être dégradé facilement dans l’environnement », décrit la directrice de recherche. Cette solution est actuellement testée par plusieurs industriels du secteur des cosmétiques. 

Autre plante exotique qui colonise les zones humides, la jussie d’eau. Elle aussi est très envahissante, et elle aussi détient un pouvoir insoupçonné. Extraite des rivières, elle est réduite en poudre, puis placée dans ce cylindre. Grâce à un dispositif de pompage, que l’on peut placer à la sortie d’un site industriel, la plante va servir à capter les polluants. « La poudre de jussie d’eau va se comporter comme une éponge à métaux. Elle a une affinité énorme pour des éléments métalliques tels que le palladium. Donc, elle va le séquestrer, le concentrer. Et si on a bien travaillé, en sortie d’eau, il n’y a plus de palladium », explique Claude Grison. Un filtrage qui va également permettre de réutiliser ce métal précieux et stratégique. Essentiellement extrait en Russie, le palladium sert à produire des médicaments. Son recyclage est donc aussi un enjeu de souveraineté industrielle.

La rédaction de TF1info | Reportage : Julien ROUX et Antoine POCRY

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