
L’AVIS DU MONDE – À NE PAS MANQUER
Le « video game » est-il la continuation du cinéma par d’autres moyens ? En reprenant l’univers du jeu créé par la société Konami, Silent Hill, vingt ans après la précédente transposition cinématographique de celui-ci, Christophe Gans tente à nouveau, et avec succès, de résoudre une équation compliquée, sinon impossible. Comment articuler une forme de discursivité, une succession d’événements débouchant sur un récit cohérent, avec l’immersion dans un univers irréel, cauchemardesque, où la stimulation d’affects angoissants semble primer sur toute logique ? Grand consommateur de jeux vidéo, amateur d’une pop culture cinéphilique, dont il est lui-même un parfait connaisseur, Gans réussit là où la plupart de ces hybridations échouent : marier la sensation et la logique.
Au fond, Retour à Silent Hill est un mélodrame, une histoire d’amour fou au terme de laquelle le personnage principal tente l’impossible : arrêter le temps et vaincre la mort elle-même, une mort dont il est en partie responsable, au bout d’une quête purement mentale. Le deuil et la culpabilité engendrent des monstres. Et c’est bien cette dimension symbolique qu’incarnent les entités effrayantes peuplant la ville fantôme de Silent Hill, bourgade nord-américaine reconstituée, pour les besoins d’une production internationale, en Serbie.
Il vous reste 65.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

