- Un couple a été retrouvé mort, mardi 31 mars, dans la cave de leur maison de Villers-Semeuse, dans les Ardennes.
- Leur petite-fille et son petit ami, âgés respectivement de 16 et 15 ans, ont été interpellés peu après.
- Retour sur le profil de ces deux adolescents qui ont été mis en examen pour « assassinats ».
Deux retraités « modestes »,
« souriants »
et « appréciés ».
Un couple qui vivait des jours paisibles dans leur petite maison de Villers-Semeuse, située dans la rue du Onze-Novembre près du stade. Deux septuagénaires qui, selon le maire de la commune Jérémy Dupy et nombre de ses administrés, avaient « le cœur sur la main »
et étaient « investis dans le social »
et dont la vie a basculé dans l’horreur du jour au lendemain.
Mardi 31 mars au matin, après plus de vingt-quatre heures sans que personne ne les ait vus, François et Danielle L., 74 et 71 ans, ont été retrouvés morts dans la cave de leur logement. Leurs corps sans vie, poignardés à de multiples reprises à l’aide d’une arme blanche, ont été retrouvés cachés dans le sous-sol, sous un tas de détritus. Plus tôt, les secours avaient aperçu « une jambe et un pied »
dépasser,
a détaillé, jeudi 2 avril, le procureur de la République de Reims, François Schneider, à l’occasion d’une conférence de presse.
Rapidement, les soupçons se sont portés sur la petite-fille du couple qui habitait avec eux mais était absente. L’adolescente, qui n’était pas non plus au lycée, a été interpellée peu après en compagnie de son petit ami dans le hangar d’une friche industrielle de Sedan, à une vingtaine de kilomètres des lieux du crime. Lors de leur garde à vue, les deux jeunes de 16 et 15 ans ont reconnu les faits, avouant les avoir prémédités. Le tout sans manifester aucune émotion. Retour sur le profil de ces deux jeunes mis en examen pour « assassinats » et écroués.
La lycéenne vivait chez ses grands-parents
La jeune fille était hébergée chez ses grands-parents. « Sa mère a habité un moment dans la même rue et laissait sa fille souvent à ses parents. Elle a finalement quitté Villers-Semeuse pour s’installer à quelques kilomètres de là mais la petite est restée chez ses grands-parents »,
a relaté mardi dernier le maire de la commune à TF1info.
« Le couple hébergeait en tant que tiers digne de confiance leur petite-fille âgée de 16 ans »,
a confirmé jeudi le procureur de la République. « La mère de la jeune fille avait des difficultés… Il y avait des difficultés familiales »
, a-t-il également déclaré, sans donner plus de détails. Selon lui, l’adolescente était hébergée chez ses grands-parents depuis au moins 2024.
Elle était, comme son petit ami, scolarisée dans un lycée de Sedan. On ignore depuis quand les deux jeunes sont ensemble.
Un projet criminel élaboré il y a au moins 15 jours
C’est au moins quinze jours avant les faits que l’adolescente a déclaré avoir eu l’idée de « tuer ses deux grands-parents ».
Selon elle, « ceux-ci s’opposaient »
à la liaison qu’elle entretenait avec son petit ami. En garde à vue, la jeune fille a ainsi indiqué que sa grand-mère lui aurait « mis des gifles lors de disputes »
sur le sujet.
Le jeune homme, en accord avec ce projet, serait donc venu au domicile des retraités dans le courant du week-end des 28 au 29 mars, avant de se cacher dans la chambre de l’élue de son cœur. Cette dernière avait pris soin, selon ses déclarations, de cacher des couteaux sous le lit pour mener à bien leur funeste mission.
C’est le lundi 30 mars au matin que Danielle L. aurait surpris le garçon dans la chambre. S’en est ensuivi un déchaînement de violence, avec des coups de couteau portés d’abord par l’adolescente à son aînée, puis par son petit ami. Alerté par les cris, François L. a subi le même sort, avant que les deux corps ne soient cachés dans la cave et l’arme du crime, probablement un couteau de cuisine avec une lame de 21 cm, lavée et laissée dans l’évier. La retraitée a été poignardée à six reprises, son mari a reçu cinq coups de couteau. Les deux ont été poussés dans l’escalier.
Elle, suivie en assistance éducative, lui, connu de la justice
Selon les éléments rapportés par le procureur de la République jeudi, la jeune fille « n’est pas connue pénalement, mais elle est suivie en assistance éducative par le juge pour enfants de Charleville-Mézières ».
Le magistrat n’a pas précisé pour quelle raison.
Son petit ami est lui « connu de la justice pour des faits de violences avec arme commis en septembre 2025, pour lesquels il devait être jugé le 10 avril 2026 par le juge pour enfants de Reims ». « Il aurait mis un coup de ciseaux dans le dos d’un camarade sur fond de dispute amoureuse en lien avec la jeune femme »
, a rapporté François Schneider face à la presse.
Pourquoi les grands-parents n’étaient-ils pas pour cette relation entre ces deux jeunes ? « Le jeune garçon posait quand même des problèmes. Très clairement, ce n’était pas la meilleure relation possible aux yeux des grands-parents de cette jeune femme, sachant qu’ils ont été désignés tiers de confiance. Ils s’occupaient de cette jeune fille et essayaient de la sortir de ses difficultés. On peut penser que, pour les grands-parents, ce n’était pas la meilleure des liaisons possibles »
, a ajouté le procureur.
Qu’encourent-ils ?
Durant leur garde à vue, les deux adolescents ont reconnu « très rapidement
» avoir tué les deux retraités. « Les enquêteurs et les magistrats du parquet qui ont eu à les interroger ont été frappés par leur absence complète d’émotion et leur froideur générale, hormis quelques pleurs »,
a souligné François Schneider.
D’ailleurs, après avoir laissé les deux victimes pour mortes dans la cave, les deux jeunes sont allés fouiller leur chambre et leur ont dérobé entre 3.000 et 4.000 euros en liquide, qu’ils ont dépensés sans attendre dans un magasin de téléphonie d’une galerie commerciale pour s’acheter des smartphones haut de gamme.
Au regard de la préméditation, les faits, qualifiés dans un premier temps d’homicide volontaire, ont été requalifiés en assassinats par le procureur. « Cette qualification leur fait encourir une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour le jeune homme âgé de moins de 16 ans, et 20 ans également pour la jeune fille âgée de 16 ans, sauf si l’excuse atténuante de minorité est retenue, ce qui portera le maximum de la peine encourue pour elle à 30 ans de réclusion criminelle »,
a-t-il précisé.

