Les indices de valeur ajoutée des collèges (IVAC), publiés mercredi 2 avril par le ministère de l’éducation nationale, doivent permettre d’« aller plus loin que le simple taux de réussite au diplôme national du brevet » pour jauger un établissement, « en tenant compte des disparités importantes de recrutement entre les collèges en termes de profils scolaires et socio-économiques », selon la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP).

Plus encore qu’au lycée, le profil social et scolaire des élèves accueillis varie considérablement entre les collèges, selon qu’ils sont privés, publics, ou classés en éducation prioritaire. La part des élèves défavorisés est, par exemple, quatre fois plus élevée dans les collèges des réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+) que dans ceux du privé sous contrat ; celle des élèves en difficulté scolaire, cinq fois plus. Or, ces facteurs sont prépondérants dans les résultats obtenus au brevet, dont les taux bruts ne peuvent pas suffire à établir que les établissements sont « bons ». « Tous les établissements ne font pas face aux mêmes difficultés, aux mêmes enjeux pour conduire les élèves jusqu’à la réussite », rappelle Magda Tomasini, directrice de la DEPP.

Les services statistiques du ministère établissent ainsi une valeur ajoutée du taux de réussite et de la note à l’écrit du brevet en calculant la différence entre les résultats constatés et ce qu’ils définissent comme les résultats « attendus » au regard du profil des élèves scolarisés dans chaque collège. Il en résulte ainsi que, si la quasi-totalité des REP+ se situent dans le quart des établissements ayant les plus faibles notes au brevet, plus de la moitié d’entre eux sont aussi dans le quart des établissements ayant la meilleure valeur ajoutée.

Départ ou éviction d’élèves

Rappelant qu’il serait réducteur d’évaluer les établissements selon les seuls taux de réussite ou les notes au brevet, la DEPP présente, en outre, deux indicateurs dont l’approche est différente : la part d’élèves de 3e présents au diplôme national du brevet et le taux d’accès. Ce dernier indique la part d’élèves que les établissements gardent de la 6e à la 3e, quel que soit le nombre d’années nécessaires, et renseigne ainsi sur la capacité d’un établissement à accompagner tous les élèves qu’il accueille à l’entrée au collège.

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