- Un détenu de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) s’est évadé samedi avec l’aide de faux policiers.
- Munis de fausses réquisitions censées extraire l’individu pour une garde à vue, ils lui ont permis de s’enfuir en toute tranquillité.
- Une évasion spectaculaire qui n’est pas unique, comme le montre ce reportage du 20H de TF1.
En matière d’évasion, on a parfois l’impression que plus c’est gros, plus ça passe. Samedi 7 mars, un détenu de la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, s’est évadé… grâce à de faux policiers. Ses deux complices se sont présentés au centre pénitentiaire munis de fausses réquisitions censées extraire le détenu pour une garde à vue. « Après la fouille avec palpation d’usage »
et l’examen des documents, les agents pénitentiaires ont remis le détenu aux deux hommes, qui ont immédiatement quitté les lieux, selon une source proche du dossier. Des policiers qui n’en étaient pas et qui ont permis à Ilyas Kherbouch de s’enfuir en toute tranquillité, comme l’explique le reportage du JT de TF1 ci-dessous.
Faux policiers, faux mandat… L’improbable évasion d’un détenuSource : TF1 Info
Un cas spectaculaire mais pas unique dans l’histoire des évasions. L’autre reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article rappelle qu’en juillet dernier, un détenu de 20 ans s’était échappé… caché dans un sac de linge. Le jeune homme, suspecté de meurtre, avait passé la porte de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas caché dans le gros sac à linge de son codétenu qui était libérable. Ce n’est que le lendemain matin que son absence en cellule avait été constatée. Après trois jours de cavale, il avait été interpellé à Sathonay-Camp, dans la banlieue nord-est de Lyon, et son codétenu arrêté dans la soirée à la gare de Marseille.
À Dijon, quatre mois plus tard, d’autres prisonniers se sont fait la malle, cette fois « à l’ancienne ». Ils s’étaient évadés après avoir eu raison des barreaux de leur cellule avec une simple lame de scie à métaux, puis en glissant sur des draps. La double fuite a été constatée le lendemain à 7h lors des contrôles effectués dans le quartier disciplinaire de la petite maison d’arrêt proche du centre-ville, selon l’administration pénitentiaire.
Une recette déjà utilisée avec succès dans le Nord en 2023. Sur une vidéo amateur visible en tête de cet article, les prisonniers se hissent hors de leurs cellules, suspendus à leurs draps, et rejoignent le toit de la prison. Si rocambolesques que soient ces évasions, les fugitifs ont tous été rattrapés. Même celui que l’on surnomme le « roi de la belle », Redouane Faïd. Lors de sa dernière tentative, en 2018, un hélicoptère s’était posé à l’intérieur de la cour de sa prison de Réau, en Seine-et-Marne. À bord, ses complices, armés de kalachnikovs et de disqueuses, avaient scié la cabine parloir dans laquelle Redouane Faïd était en rendez-vous avec son frère.
Plus récemment, aux États-Unis, l’Arkansas a vu l’un de ses détenus s’enfuir déguisé en policier, uniforme qu’il aurait cousu lui-même dans sa cellule. Encore plus étonnant, en 2023, la Pennsylvanie avait découvert sur ses caméras de vidéosurveillance la technique acrobatique de Danelo Cavalcante, qui avait réussi à se cacher dans un renfoncement de la cour de promenade, puis à grimper agilement, façon homme-araignée, le corps à l’horizontale entre deux murs, et à disparaître sur le toit (voir l’article en lien ci-dessus). Ce meurtrier de 34 ans avait été interpellé 15 jours plus tard, après une intense chasse à l’homme.

