Un combattant du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe paramilitaire soutenu par le Rwanda, à Goma, en République démocratique du Congo, le 12 mars 2026.

Pour les reporters basés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en guerre depuis la résurgence, fin 2021, de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe paramilitaire soutenu par le Rwanda, informer « est devenu quasiment impossible », estime l’ONG Reporters sans frontières (RSF), dans un rapport publié jeudi 26 mars.

Le document, intitulé « Dans la peau d’un journaliste des Grands Lacs », dresse l’état des lieux d’une liberté de la presse en recul dans tous les pays de la région en 2025 : en RDC, au Rwanda, au Burundi, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Là où la guerre gronde, dans l’est de la RDC, les journalistes paient le plus lourd tribut. Cinq d’entre eux y sont morts ces cinq dernières années, soit la moitié des journalistes tués dans l’ensemble de la région Grands Lacs sur cette période. Entre 2024 et 2025, la RDC a perdu dix places dans le classement de la liberté de la presse réalisé par RSF.

Depuis la prise de Goma, la capitale du Nord-Kivu, par le M23, en janvier 2025, « au moins huit journalistes ont été enfermés par le M23 ou par les renseignements militaires de l’armée régulière durant plusieurs jours », souligne le rapport. Parmi eux, deux reporters ont été « séquestrés et torturés » dans des conteneurs par le mouvement rebelle, selon une autre enquête de RSF, publiée mardi, après qu’ils ont partagé des contenus éditoriaux jugés critiques par la rébellion. Des accusations balayées par le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, sur le réseau social X : « Dans l’ensemble des zones libérées, les journalistes exercent leur métier librement, sans intimidation ni entrave. »

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