• À l’occasion de sa 62e édition, le Salon international de l’agriculture se tient pour la première fois sans bovins.
  • Ce contretemps ne devrait pas changer l’esprit du salon, assurent des associations d’éleveurs à TF1info.

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Dermatose nodulaire, Mercosur : les agriculteurs mobilisés

Jamais les vaches n’avaient déserté les allées du Salon international de l’agriculture. Les limousines, charolaises, normandes, abondances ou autres blondes d’Aquitaine restent l’attraction des quelque 600.000 visiteurs annuels. Mais en 2026, la dermatose nodulaire empêche les bovins de se déplacer à Paris du 21 février au 1er mars. « Je sais bien qu’il y a de la déception chez certains. L’organisme de sélection de chaque race a fait ce choix pour respecter le principe de précaution. Il y a une vraie peur de la maladie »,  explique Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine, à TF1info.

Des éleveurs raconteront leur métier

Le responsable associatif rassure : « De la Loire à la Savoie, en passant par le Doubs, nous sommes repassés en zone saine et les rassemblements sont de nouveau autorisés. Seules les Pyrénées restent sous surveillance avec des bovins toujours interdits de quitter le territoire. » Pas de quoi prendre le moindre risque, pour Yohann Barbe, président de la Fédération nationale de producteurs de lait, « par solidarité et équité entre les races ».

En revanche, les éleveurs feront bien le déplacement jusqu’à la Porte de Versailles. « Tous les ans, beaucoup d’éleveurs viennent sans leurs animaux », rappelle Patrick Bénézit. Ils restent déterminés à rencontrer le public, expliquer les enjeux de leur métier, transmettre leur savoir-faire et surtout restaurer la confiance entre les éleveurs et les citoyens consommateurs. « Dans un moment où le dialogue entre agriculture et société n’a jamais été aussi nécessaire, nos organisations réaffirment leur engagement à faire du Salon de l’agriculture un lieu de transparence, de pédagogie et de reconnaissance du travail des éleveurs. Cet engagement collectif contribue à nourrir une relation de confiance durable entre ceux qui produisent l’alimentation et ceux qui la consomment », certifie la Fédération bovine dans un communiqué. « Les représentants de toutes les races se sont engagés à tenir un stand. Ils feront comme d’habitude en rappelant la place centrale de l’élevage dans les territoires ruraux et en présentant leur travail au quotidien. Ils évoqueront leur rémunération, l’adaptation au dérèglement climatique, le bien-être animal, le renouvellement des générations, etc. », précise Patrick Bénézit.

Yohann Barbe ne dit pas autre chose : « Nous accentuerons les temps d’échange et nous montrerons davantage nos produits. Tout n’est pas encore arrêté à 100%, mais nous allons nous réorganiser pour présenter les animaux à travers les éleveurs. Chez nous, aucun n’a annulé sa venue. » Et pour pallier l’absence de l’animal qui incarne en général l’image du salon, sur le stand de la Fédération nationale de producteurs de lait, « une vache en plastique est en exposition pour expliquer le fonctionnement de la traite. Il y en aura certainement d’autres pour rappeler la présence de l’animal, mais ça ne sera pas monnaie courante », estime Yohann Barbe. 

De leur côté, les organisateurs reconnaissent un coup dur. Mais ils promettent un « salon inventif, pédagogique et festif ». Près de 3000 animaux (porcs, moutons, chèvres, chevaux, ânes, lapins, chiens et chats), seront présents Porte de Versailles. 

Geoffrey LOPES

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