Vendredi matin 27 mars, 11 heures, à l’arrêt de bus Antibes, de la zone commerciale d’Amilly (Loiret). Trois personnes descendent du bus sous un ciel gris et venteux : ce sont des sans-voiture, autant dire des pauvres diables. C’est là que se trouvent la plupart des enseignes franchisées et des magasins de grandes marques.
Fatima, une cinquantenaire voilée et timide, vient de Châlette-sur-Loing (Loiret) acheter quelques vêtements et des affaires de sport pour ses petits-enfants : « C’est toute une expédition pour venir jusqu’ici, rigole-t-elle. Je dois prendre deux bus, il n’y en a même pas un par heure. J’ai pas le choix, je marche et j’attends. » Pour un trajet qui prendrait moins de vingt minutes en voiture. « Je n’ai pas le permis et, de toute façon, si je l’avais, on n’a pas de quoi avoir deux voitures. Mon mari en a besoin pour aller au travail. Et ce n’est pas à mon âge que je vais me mettre à la trottinette. »
A Montargis, comme dans toute la France, à l’exception des grandes agglomérations, sans voiture, point de salut. « Sans permis de conduire, c’est impossible de faire quoi que ce soit », confirme Delphine Thierry, la patronne de l’auto-école Viaene, qui fête cette année ses quatre-vingts ans − l’auto-école, pas la patronne. Ses locaux, spacieux et modernes, se trouvent à 200 mètres de la gare, au coin de l’avenue du Général-De Gaule, ainsi qu’est nommé ce tronçon de la fameuse nationale 7 chère à Charles Trenet. La route des vacances, et des accidents.
Engouement pour les voiturettes
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