Vue de l'’exposition « Présentes », d’Anne Rochette, à la galerie Idéale, à Paris, le 11 février 2026.

Anne Rochette n’abuse pas des expositions. Celle-ci est la première dans une galerie parisienne depuis 2004. Ce délai excessif a cependant un avantage : l’œuvre de la sculptrice est ici montrée dans la diversité de ses formes et techniques. Le corps en est le sujet principal, tantôt explicitement figuré, tantôt concentré en peu de volumes. De la première solution relève sa terrible Penthésilée #II, torse et hanches de douce terre cuite blanche déchirés par une longue plaie écarlate verticale et hissés sur des tréteaux comme pour un supplice. En relève aussi De mes seules mains (pour ma mère), allégorie du deuil en deux bras pendants et deux mains vides. Ou, dans une tonalité moins tragique, L’Ane (autoportrait), où une tête d’âne est placée sur un buste féminin, stèle entre autodérision et revendication qui aurait plu à Louise Bourgeois (1911-2010). Plus proches d’une abstraction biomorphique classique, née avec Brancusi et Arp, masques ou médaillons font apparaître des visages sur les murs. Ces œuvres se distinguent par leur présence à la fois impérieuse et silencieuse. S’y ajoutent des aquarelles aux motifs entre organique et végétal, magnifiés par leurs couleurs.

« Présentes ». Galerie Idéale, 11, rue d’Athènes, Paris 9e. Jusqu’au 14 mars, du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures.

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