
En quelques jours, le visage poupin d’Abdoulaye Ba est devenu celui de la crise que traverse le Sénégal. Cet étudiant de 21 ans est mort, lundi 9 février, vraisemblablement victime de la violence de la police lors de l’intervention menée ce jour-là à l’université Cheikh-Anta-Diop, la plus prestigieuse de Dakar. Ce décès, en une semaine, est devenu une source d’embarras majeur pour les autorités, qui semblent peu disposées à faire la lumière sur ces faits.
« Contusions thoraco-abdominales », « commotion cérébrale », « double fracture » des 10e et 11e côtes, « des plaies profondes (…) du lobe pulmonaire », des « plaies du hile du rein », « deux plaies à la rate ». Pas moins de seize lésions sévères ont été relevées sur le corps du jeune homme, d’après les conclusions de l’autopsie, réalisée le 10 février à l’hôpital Idrissa Pouye, que Le Monde a pu consulter et authentifier auprès de plusieurs sources médicales et proches de l’enquête. Tous les organes vitaux ont été touchés, le cœur compris.
« Il était méconnaissable », confie une source ayant pu identifier le jeune homme. L’autopsie écarte clairement « une cause naturelle isolée, telle qu’une crise d’asthme », démentant une hypothèse diffusée dans la presse sénégalaise. Au contraire, les conclusions mentionnent des « lésions compatibles avec un traumatisme violent. » « Ce sont des blessures que l’on retrouve dans des accidents de la route, souligne une source médicale. Ce décès fut d’une extrême violence et n’a rien d’accidentel. »
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