
Au lendemain des heurts entre jeunes et forces de l’ordre qui ont endeuillé la principale université de Dakar, la violence a laissé place à la sidération et à la colère, mardi 10 février. « On a basculé dans l’horreur », raconte Baye Fall, étudiant en master de droit public à l’université Cheikh-Anta-Diop (l’UCAD) de la capitale sénégalaise, en se remémorant la journée de lundi, durant laquelle un de ses camarades est mort, des dizaines ont été blessés dont au moins neuf gravement. Les nombreuses vidéos qui ont été partagées sur les réseaux sociaux, pour certaines vues des centaines de milliers de fois, témoignent de la violence dont ont fait usage les forces de l’ordre face aux jeunes. Le ministre de l’intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a reconnu, mardi, que « ce qui s’est passé constitue une tragédie ».
« Rien ne laissait présager le chaos et la désolation », poursuit Baye Fall. Les étudiants de l’UCAD avaient initialement appelé à un « lundi noir » sans violence pour protester contre leurs conditions de vie et des arriérés de plusieurs mois dans le paiement de leurs bourses.
Il vous reste 80.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

