L’ordre international issu de 1945 ne cesse de s’effondrer. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine entre dans sa cinquième année. A Gaza, le droit international humanitaire a été violé sous les yeux du monde, sans réaction, face à une politique délibérément génocidaire, à la hauteur des démocraties européennes. Au Soudan, la négation des mêmes principes du droit international humanitaire s’ajoute à une guerre fratricide attisée et financée par les puissances régionales. La Chine menace ouvertement Taïwan par des manœuvres militaires. Les Etats-Unis de Donald Trump ont kidnappé l’ex-président vénézuélien [Nicolas Maduro] et menacent chaque jour le Mexique, Cuba ou le Groenland. Partout, les impérialismes progressent tandis que les institutions multilatérales sont abandonnées, paralysées et bafouées.

Dans le même temps, la crise climatique s’aggrave. L’année 2025 a confirmé le franchissement durable du seuil de + 1,5 °C, et a été marquée par des vagues de chaleur meurtrières en Europe du Sud, des inondations historiques en Europe centrale et en Asie du Sud-Est, des sécheresses inédites en Iran et une insécurité alimentaire endémique sur plusieurs continents. Ces chocs ne sont pas des catastrophes isolées : ils nourrissent les conflits, la pauvreté, les migrations forcées et l’instabilité politique. Et au mépris des causes profondes de ces fléaux, les puissances impérialistes redoublent aujourd’hui d’efforts pour s’arroger le contrôle des ressources minérales, des énergies fossiles et des voies maritimes.

Ce basculement n’est pas un accident. Il est le produit d’une coalition réactionnaire internationale, portée par des régimes autoritaires et les forces d’extrême droite, qui défend ses intérêts fossiles et idéologiques en s’attaquant à l’Etat de droit, à la science, aux médias indépendants, aux droits des femmes et des minorités. Pour atteindre ses objectifs, elle ne se prive d’aucune arme – ni de la guerre coloniale, ni de la surveillance des populations, ni du démantèlement des protections environnementales, monétaires et sanitaires. Mais elle prospère aussi sur nos incohérences : quand le droit international est invoqué en Ukraine mais relativisé ailleurs, le double standard sape notre crédibilité.

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