
Au Soudan, les Forces de soutien rapide (FSR) ont revendiqué, samedi 21 février, la prise de d’Al-Tina, à la frontière avec le Tchad après s’être emparées, en décembre 2025, de deux villes voisines. Cette localité était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée régulière, qui est engagée depuis avril 2023 dans une guerre contre les paramilitaires du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ».
Les FSR affirment avoir « pris le contrôle total de la ville stratégique d’Al-Tina, dans l’Etat du Darfour-Nord », selon un communiqué qu’elles ont publié sur leur chaîne Telegram accompagné d’une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville.
L’armée soudanaise n’avait pas réagi dans l’immédiat. Le gouverneur du Darfour pro-Khartoum, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un « comportement criminel répété qui incarne les pires formes d’exactions à l’encontre d’innocents ».
« Actes de génocide »
Les FSR contrôlent la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, dans l’ouest du pays, depuis la prise d’El-Facher, fin octobre 2025, dernier bastion de l’armée régulière dans ce secteur.
Cette conquête a été marquée, selon de nombreux rapports, par des massacres, des viols et des enlèvements. Jeudi, la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan a fait état d’« actes de génocide ».
Les FSR ont mené depuis plusieurs attaques près de la frontière avec le Tchad, faisant deux morts dans les rangs de l’armée tchadienne fin décembre 2025.
La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et elle a provoqué, dans ses heures les plus sombres, le déplacement contraint de quatorze millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».

