Le traileur britannique Tom Evans, dans les derniers kilomètres de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc 2025, le 30 août 2025, à proximité de Chamonix (Haute-Savoie).

Il a vaincu les éléments, et de coriaces concurrents. Le Britannique Tom Evans est arrivé en vainqueur, samedi 30 août, sur la place du Triangle-de-l’Amitié, à Chamonix (Haute-Savoie). Après 19 heures, 18 minutes et 58 secondes d’effort, l’athlète de 33 ans a remporté l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), épreuve reine de la discipline, pour la première fois.

« C’est l’une des courses les plus bizarres à laquelle j’ai pu participer. On a eu de la pluie, de la neige…, a dit Tom Evans, quelques minutes après avoir fait un salut militaire au moment de franchir la ligne d’arrivée. Avant le départ, je voulais juste être fier de ma performance. C’est si difficile de remporter cette course, la plus spectaculaire de toutes. Aujourd’hui, c’est un rêve qui devient réalité. »

Dans le groupe de tête depuis le départ de la course – une boucle de plus de 174 kilomètres et près de 10 000 mètres de dénivelé positif autour du toit des Alpes –, vendredi en fin d’après-midi, Tom Evans a accéléré dans le Grand Col Ferret, l’une des principales difficultés du tracé, en toute fin de nuit. Après un chassé-croisé entre le natif de Londres, l’Américain Ben Dhiman et le Français Théo Detienne, notamment, le vainqueur de la Western States 2023 a progressivement creusé l’écart dans des conditions dantesques – pluie, vent et neige. Le coureur de la team Asics a devancé l’Amércain Ben Dhiman (19 h 51 min 37 s) et son compatriote Josh Wade (20 h 5 min 6 s) a complété le podium.

« Ce n’est pas une surprise, il faisait partie de la short list des favoris, assurait le directeur des sports de l’UTMB, Julien Chorier, samedi matin à l’Agence France-Presse, alors qu’il restait à Tom Evans moins de 30 kilomètres à parcourir. Son avance lui permet maintenant d’absorber les petits moments de doute. »

L’abandon de François D’Haene, quadruple vainqueur

Fort de cet avantage chronométrique, le Britannique a pris le temps de savourer le bain de foule qui l’attendait – ainsi que tous les concurrents suivants – à Vallorcine, au sortir du ravitaillement. Après s’être faufilé dans une nuée de drapeaux, pancartes et supporteurs déguisés, le traileur a une nouvelle fois accéléré, en direction de Chamonix.

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Un réconfort revigorant, car l’édition 2025 de l’UTMB a été éprouvante pour les corps et les âmes des 2 300 coureurs engagés dans la course reine de l’ultra-trail. Sitôt le départ donné, des trombes d’eau ont accompagné les athlètes toute la soirée, les faisant progresser sur des terrains glissants. Au point que les organisateurs ont décidé de leur épargner une zone devenue dangereuse, raccourcissant légèrement le parcours en amont du lac Combal. « C’est la guerre, là-haut », soufflait un participant au ravitaillement du lac italien, les traits marqués, comme tous les concurrents, par les intempéries.

Hagard et boitant bas, François D’Haene, quadruple vainqueur de l’épreuve, a abandonné à cet endroit – après 70 kilomètres de course –, souffrant d’une « douleur à la jambe droite » apparue ces derniers jours, a fait savoir son équipe. Les traileurs ont également dû affronter des températures négatives (jusqu’à − 7 degrés en ressenti) et des bourrasques de neige sur les cols les plus hauts.

Dans la course dames, le résultat s’annonce encore indécis, au terme d’une longue nuit de lutte. Triple vainqueure à Chamonix et invaincue sur les sentiers de l’UTMB, l’Américaine Courtney Dauwalter a passé la nuit en tête, mais sans jamais parvenir à creuser un écart important avec ses deux plus féroces concurrentes. Et au petit matin, la Néo-Zélandaise Ruth Croft et la Française Camille Bruyas avaient pris de l’avance sur la native du Minnesota, promettant une haletante fin de course.

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