• Le ministre de l’Intérieur enjoint ce vendredi les préfets concernés par une étape de la compétition à prendre différentes mesures face aux fortes chaleurs.
  • L’annulation d’une étape pourrait même être envisagée « à titre exceptionnel » en cas de très fortes chaleurs.
  • La compétition n’a jamais vu, en 112 éditions, son organisation être bousculée en raison de la canicule.

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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France

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De nouvelles précautions. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a adressé vendredi 3 juillet un courrier aux préfets concernés par le passage du Tour de France prévu entre le 4 et le 26 juillet, les invitant à prendre des mesures pouvant aller jusqu’à l’annulation d’une étape. Une telle décision pourrait être prise « à titre exceptionnel » en cas d’extrême chaleur. En 112 éditions, le Tour de France n’a jamais vu son déroulement bousculé en raison de la chaleur. 

« Pour répondre aux enjeux fixés, et particulièrement pour éviter une saturation des capacités hospitalières et pré-hospitalières, le retour d’expérience de la vague exceptionnelle de chaleur que nous venons de vivre nous conforte dans l’obligation de continuer à adapter nos dispositifs », écrit le ministre, dont le courrier concerne également le Tour de France  Femmes, qui aura lieu du 1er au 9 août.

Celle-ci pourrait être décidée « lorsque les conditions sanitaires ou opérationnelles ne permettent plus d’assurer simultanément la sécurité des spectateurs, des personnels mobilisés et la continuité de la réponse aux urgences de la population », est-il précisé. Ce dispositif comprend toutefois également des mesures potentiellement plus contraignantes pour le déroulement de l’épreuve, en commençant par « la modification du parcours ». L’« annulation » d’une étape, « en concertation avec l’organisateur » (ASO), est aussi « possible ».

Augmentation des « moyens de secours » sur le parcours

En cas de vigilance rouge dans un ou plusieurs départements traversés par la Grande Boucle, Laurent Nunez annonce ainsi des mesures allant de messages de prévention à la fermeture de certains espaces publics en passant par l’augmentation des « moyens sanitaires et de secours sur le parcours ».

Au départ de Barcelone samedi, des températures de 32 à 33 degrés sont attendues dans la ville espagnole tandis que le thermomètre pourrait grimper à partir de lundi lorsque la course arrivera sur le territoire français. Météo-France n’a émis à ce jour aucune vigilance canicule rouge. Mais après une arrivée dans les Pyrénées, aux Angles (1.800 m d’altitude), un pic de forte chaleur est attendu dès mardi avec des températures dépassant les 35 degrés entre Carcassonne et Foix (4ᵉ étape).

Ce 28 juin, l’épreuve en ligne des championnats de France, qui se déroulait en Isère, a vu son parcours raccourci de 16,1 kilomètres pour ce motif. Du côté de l’organisation, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, affirme lundi dans un entretien auprès de l’Agence France-Presse que l’on « connaîtra d’évidence de fortes chaleurs sur le Tour de France. La protection des coureurs et du public est pour nous capitale. Le maître mot est de s’adapter. »  

On est prêts à s’adapter partout, toujours, tout le temps.

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France

 Des propos que ce dernier réitère vendredi lors d’un point presse à Barcelone : « On est prêts à s’adapter partout, toujours, tout le temps. Qui aurait imaginé, en tout cas certainement pas nous, qu’on devrait changer une étape l’an passé à cause de la dermatose nodulaire bovine contagieuse dont je n’avais strictement jamais entendu parler deux jours avant. »

Les coureurs, habitués à rouler dans la fournaise, assurent ne pas s’inquiéter, à l’image de Paul Seixas. Le jeune prodige de 19 ans affirme qu’« on ne souffrira pas tant que ça. D’autant que ça fait un moment qu’il fait très chaud partout en Europe et qu’on a eu le temps de s’adapter. Ça aurait été plus difficile si la chaleur était venue d’un coup. »

Adapter la course « aux contraintes » liées à la chaleur

Le public, moins entraîné à de telles conditions, attire en effet une attention particulière auprès des organisateurs pour qui « il y a beaucoup de mesures de bon sens, explique le patron du Tour. Mais il y aura aussi deux camions brumisateurs, l’un qui fera les 300 derniers mètres avant l’arrivée pour régulièrement asperger les gens, et un autre qui sera sur la route. »

« À un moment donné, il faudra vraiment se poser la question d’adapter la course à ces contraintes-là qui vont s’accentuer parce qu’on sait que ça va arriver de plus en plus fréquemment et de manière de plus en plus violente », souligne Guillaume Martin-Guyonnet, qui participera à la compétition pour la dixième fois. Le Tour de France Femmes partira quant à lui de Lausanne en Suisse le 1ᵉʳ août et entrera en France deux jours plus tard, dans le Jura, avant de rallier Nice via la vallée du Rhône et le Mont Ventoux.

Malika CHEKLAL avec AFP

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