- Selon une étude parue ce vendredi, un séjour à bord d’un bateau de croisière en Europe est taxé 40% de moins qu’une nuit d’hôtel.
- Une situation intenable pour l’ONG Transport & Environment face à ces navires aux importants impacts environnementaux.
- L’organisation demande de taxer ces villes flottantes « à leur juste valeur ».
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Une nuit sur un navire de croisière moins taxée qu’une nuit d’hôtel. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’ONG T&E publiée ce vendredi 3 juillet. Selon le rapport, « un séjour à bord d’un
bateau de croisière en Europe
est taxé 40% de moins qu’une nuit d’hôtel alors qu’il accroît le surtourisme et génère d’importants impacts environnementaux ».
L’analyse s’est penchée sur les taxes applicables pour un hôtel affiché à 100 euros la nuit en France, en Italie et en Espagne, comparé à des croisières proposant des tarifs similaires. Selon l’étude, en France par exemple, les clients des hôtels paient 24% du prix en taxes, tandis que les passagers des croisières n’en paient que 9%.
Comment l’expliquer ? Grâce à une faille juridique. Car les navires de croisière ne sont pas considérés comme des hébergements touristiques mais comme une forme de transport maritime, leur permettant d’échapper notamment au paiement de la TVA et des taxes sur les carburants.
« Ces hôtels flottants ne sont pas des infrastructures maritimes essentielles. Les croisières ne constituent pas un moyen de transport vers une destination, elles sont la destination elle-même,
souligne dans un communiqué Fanny Pointet, responsable du secteur maritime chez T&E. Pourtant, elles ont les mêmes avantages que le transport de marchandises ».
Pour la spécialiste, il est ainsi urgent de taxer les navires de croisière « à leur juste valeur »
pour « aider les
villes à lutter contre la pollution
et à répondre aux préoccupations liées au surtourisme ».
En effet, selon T&E, une grande partie des externalités négatives des croisières, et notamment leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, ne sont pas prises en compte. Pourtant, cela représente un coût important : entre 550 et 930 millions d’euros en 2025 dans les régions méditerranéennes de la France, de l’Italie et de l’Espagne. Une somme que le marché carbone existant (ETS Maritime) ne « suffit pas à compenser »,
pointe T&E.
Prendre exemple sur la Grèce
D’où l’appel de l’organisation à mettre en place des taxes nationales sur les billets de croisière, à l’image de ce qui est fait en Grèce, avec une taxe dont le montant varie entre 5 et 20 euros selon la saison, ou par des villes comme Amsterdam, Barcelone ou Dubrovnik.
« Une taxe de 15 euros par passager et par escale permettrait de collecter 55 millions d’euros par an en France »
, selon les simulations de T&E qui estime que cette somme « pourrait être reversée au budget de l’État,
affectée à la protection des écosystèmes des zones côtières
ou utilisée pour financer des infrastructures telles que l’alimentation électrique à quai ».
En parallèle de cette taxe, l’ONG demande également la mise en place d’un ensemble de mesures réglementaires plus larges pour atténuer l’empreinte environnementale du secteur. Parmi elles : un renforcement de la réglementation européenne sur les carburants durables, ou une possible restriction du trafic des navires de croisière.
Des mesures d’autant plus importantes que, selon les chiffres de l’International Council on Clean Transportation, un passager de croisière génère deux à quatre fois plus de CO₂ que des vacanciers qui prendraient l’avion ou la voiture pour partir en vacances et séjourneraient dans des hôtels.

