- Le bureau politique des Républicains qui se tient ce mardi proposera plusieurs options pour désigner le candidat du parti à la prochaine élection présidentielle.
- En interne, les avis divergent à ce sujet, entre ceux qui y sont opposés et ceux qui veulent y inclure jusqu’à Reconquête, le parti d’Eric Zemmour.
- Ce sera aux 120.000 adhérents de trancher dans les prochaines semaines.
La fin des élections municipales a sonné le début de la campagne pour la présidentielle 2027. D’ailleurs ce mardi 24 mars, le groupe de travail interne aux Républicains sur le mode de désignation du candidat LR à la présidentielle dévoilera ses conclusions à l’occasion du bureau politique du parti.
Selon Le Figaro
, quatre options pourraient être présentées : une primaire fermée où seuls les adhérents voteront, une primaire semi-ouverte avec un corps électoral élargi, une primaire ouverte incluant des candidats extérieurs ou encore la désignation du président du parti Bruno Retailleau comme candidat de LR (ce dernier s’est d’ailleurs déclaré candidat à l’Élysée début février sans attendre les conclusions du groupe de travail, ndlr). Il reviendra ensuite aux plus de 120.000 adhérents de choisir « les modalités de désignation »
conformément aux statuts, avait indiqué vendredi dernier sur TF1 Othman Nasrou, secrétaire général du parti.
Primaire or not primaire ?
Au sein du parti dirigé par Bruno Retailleau, tout le monde y va de son avis sur le sujet, et tous diffèrent. Début mars, Gérard Larcher s’est prononcé pour une démarche en deux temps : d’abord la désignation en juin du candidat LR puis une « primaire ouverte »
à l’automne pour désigner celui de la droite et du centre à la présidentielle de 2027.
Le patron des députés LR Laurent Wauquiez défend lui aussi l’organisation d’une primaire à droite, mais allant du macroniste « Gérald Darmanin à Sarah Knafo »
, en excluant le Rassemblement national qui caracole en tête dans les sondages, car « le RN dit lui-même qu’il n’est pas de droite »
.
Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, plaide aussi pour l’organisation d’une primaire, mais organisée dès maintenant pour avoir un candidat désigné à l’été. Elle propose une primaire « la plus ouverte possible, car c’est ce qui donne un élan populaire »
mais souhaite que les candidats signent une charte « des valeurs de la droite et du centre »
qui inclut le refus d’une alliance avec l’extrême droite, et l’engagement de se rallier derrière le candidat victorieux.
Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France et candidat pour 2027, est en revanche opposé à une primaire. Il estime que ce n’est pas aux partis de désigner les candidats. Dans le passé, il a critiqué la démarche entamée par son parti pour l’organisation ou non d’une primaire et ses modalités : il s’agit, a-t-il ironisé, de dire aux candidats « Dites-nous ce que vous voudriez et nous au final, on choisira le système le plus favorable à Bruno Retailleau »
.
Soit c’est la guerre des égos à droite et au centre et on sera pulvérisé et éliminé
Soit c’est la guerre des égos à droite et au centre et on sera pulvérisé et éliminé
Valérie Pécresse
Depuis le second tour des élections municipales, beaucoup sont venus confirmer dans les médias le bien-fondé de leur stratégie en vue de 2027. Selon Valérie Pécresse, les poussées du RN et de LFI aux municipales plaident « pour une candidature unique de la droite et du centre face au chaos des extrêmes »
, une idée à laquelle est hostile Bruno Retailleau qui s’est déjà déclaré candidat. « Partout où on a gagné on était unis et on a fait campagne sur le projet »
, a-t-elle estimé sur RTL. « Soit c’est la guerre des égos à droite et au centre et on sera pulvérisés et éliminés. »
Même son de cloche du côté de Laurent Wauquiez. « Quand la droite a été rassemblée elle a été en mesure de l’emporter (…) et à l’inverse quand on est divisés on perd »
, a-t-il déclaré sur le plateau de TF1 dimanche soir. « Cette leçon il faudra la retenir dans la prolongation, qui sera celle de la présidentielle. Si on est divisés il n’y aura pas de candidat de droite au second tour. C’est pour ça que pour moi, dans la foulée des municipales, ce qui est essentiel c’est de lancer un appel au rassemblement de la droite derrière un candidat unique et autour de convictions de droite communes »
, a-t-il ajouté.
La droite a même reçu des appels du pied de Renaissance depuis dimanche soir, à condition qu’il soit clair vis-à-vis du RN. Sur franceinfo ce mardi, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a prôné « l’union du centre et de la droite »
, ce « socle commun qui gouverne ensemble depuis deux ans maintenant, qui travaille dans les exécutifs locaux »
, en s’adressant aux LR qui « refusent l’alliance avec le Rassemblement national »
. « Je ne ferme la porte à personne »
mais « si la ligne de LR, c’est de dire on glisse vers l’extrême droite et vers le Rassemblement national, et vers une ‘union des droites’ comme c’est le cas aujourd’hui au Parlement européen, comme on l’a vu dans certains choix aux élections municipales, on ne pourra pas avancer avec eux »
, a abondé le chef du parti présidentiel Gabriel Attal sur France Inter, visant particulièrement le président du parti Bruno Retailleau.

