• Des militants antibassines ont manifesté, mercredi, dans la commune de la Vienne.
  • La situation s’est tendue lorsqu’ils ont croisé une manifestation concurrente de la Coordination rurale.
  • Des faits qui surviennent trois ans après les violences de Saint-Soline, dans les Deux-Sèvres autour de ce sujet.

Suivez la couverture complète

Les « méga-bassines » des Deux-Sèvres au cœur de la contestation

Huées et jets d’œufs. L’ambiance était tendue, mercredi 25 mars, dans les rues de Poitiers, dans la Vienne. Quelques centaines de militants antibassines se sont regroupés dans la journée, trois ans après les violences de Saint-Soline, dans les Deux-Sèvres, commune devenue le symbole de la lutte contre ces retenues d’eau au cœur de la polémique. Environ 200 à 300 personnes ont défilé pour commémorer le troisième anniversaire de la manifestation interdite de mars 2023, qui avait dégénéré en affrontements entre manifestants et gendarmes avec plusieurs blessés graves. 

Si l’événement s’est déroulé dans le calme, les choses se sont légèrement tendues, en fin de cortège, dans la soirée. La faute à une manifestation concurrente, organisée par la Coordination rurale de la Vienne (CR86), qui réclame le développement de ces équipements. Des journalistes de l’AFP ont ainsi constaté des huées et des jets d’œufs.

Les policiers ont toutefois rapidement formé un cordon pour séparer les manifestants, dans le calme, et le cortège antibassines a poursuivi sa marche.

Ne pas répondre aux « provocations »

Les manifestants ont toutefois déploré cette « contre-manifestation » de la CR86. « Il y a six mois, déjà, (les agriculteurs) avaient appelé à une contre-manifestation. Cette fois, ils ont recommencé », a déclaré à l’AFP Anne-Morwenn Pastier, du collectif Bassines Non Merci (BNM) de la Vienne, faisant allusion à une manifestation antibassinesfin octobre à Poitiers perturbée par plusieurs syndicats agricoles. « On n’est pas leurs ennemis. Nous aussi, on est là pour défendre l’agriculture et un juste partage de l’eau« , a-t-elle ajouté.

Un autre rassemblement se tient également à compter de ce mercredi à Melle, commune des Deux-Sèvres située à quelques kilomètres de Sainte-Soline. Une manifestation pour laquelle BNM a revendiqué 200 manifestants à Melle et qui doit durer jusqu’à samedi pour des rencontres et tables rondes autour du sujet.

La Coordination rurale a appelé de son côté à un rassemblement samedi à 10h devant la retenue de Sainte-Soline, dont le remplissage est pour l’heure suspendu sur décision de justice. « On a une Coordination rurale très menaçante, a prévenu Julien Le Guet, porte-parole de BNM. On risque d’être exposé à des provocations, à des menaces. Le piège serait d’y répondre. »

Quatre des manifestants grièvement blessés à Sainte-Soline en 2023 ont vu leur plainte classée sans suite par le parquet de Rennes, mais de nouvelles plaintes ont été déposées en janvier, cette fois avec constitution de partie civile, afin d’obtenir la nomination d’un juge d’instruction.

A.B. avec AFP

Share.
Exit mobile version