C’est une anecdote dont Donald Trump est friand. Il l’a encore racontée, le 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos (Suisse). Il s’agit d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, durant laquelle le chef d’Etat américain s’est vanté d’avoir tordu le bras de son homologue français, en moins de trois minutes, afin que celui-ci augmente le prix des médicaments en France. « J’ai dit : “Ecoute Emmanuel, vous allez le faire. Vous allez le faire vite. Sinon, j’imposerai des droits de douane de 25 % sur tout ce que vous vendez aux Etats-Unis, et de 100 % sur vos vins et champagnes” », raconte le locataire de la Maison Blanche, avant de singer une prétendue réponse de son interlocuteur : « Non, non, Donald, je le ferai. Je le ferai. »
Démentie par l’Elysée, qui dénonce une « fake news » du président américain, l’histoire n’en illustre pas moins l’important bras de fer mondial qui se joue depuis plusieurs mois sur le front des médicaments, et dont l’issue demeure plus qu’incertaine. M. Trump veut obliger l’Europe à payer davantage pour les médicaments sous brevet. Il a fait de cet objectif l’un des piliers de sa politique de baisse des coûts des produits de santé. Dès son retour dans le bureau Ovale, en janvier 2025, le républicain avait promis aux Américains de réduire drastiquement leurs factures de médicaments. Un sujet récurrent outre-Atlantique, où les prix des traitements sont si chers qu’ils en deviennent inaccessibles pour de nombreux malades.
Selon l’étude Rand publiée en 2024, financée par le gouvernement américain, les prix nets des médicaments sur ordonnance, hors génériques, y seraient trois fois plus élevés en moyenne que dans la plupart des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). A quelques mois des élections de mi-mandat, prévues en novembre, Washington est donc déterminé à donner des gages à ses administrés en forçant la main des Européens.
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