
« Vous faites du tort à la haute justice turque. Monsieur le juge, si vous voulez accomplir votre devoir, accordez-moi dix minutes de parole, cela vous apaisera. Je vous avertis. » La première audience vient à peine de commencer devant une salle pleine à craquer que le ton est rapidement monté entre le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, détenu depuis mars 2025, et la cour.
Comparaissant, lundi 9 mars, dans une vaste affaire de corruption qualifiée par l’opposition de tentative pour saboter ses chances de défier le président, Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, l’édile a tenté de prendre la parole contre l’avis du tribunal qui venait d’annoncer qu’il serait l’un des derniers accusés à s’exprimer. Quelque 106 personnes sont incarcérées dans cette procédure.
Dès le matin, un périmètre autour du centre pénitentiaire de Silivri, situé en lointaine banlieue d’Istanbul et où se déroule le procès, a été déclaré « zone de sécurité spéciale », avec des restrictions pour la presse et les avocats. La préfecture de la ville est allée jusqu’à interdire de filmer et de faire des déclarations à moins d’un kilomètre du tribunal.
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