- Partout en France, les voleurs de cuivre jettent désormais leur dévolu sur les câbles des bornes de recharge pour les véhicules électriques.
- Beaucoup de dégâts pour un gain très relatif et des réparations très chères.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
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La voiture électrique, le véhicule de demain ?
Le cuivre est devenu un métal précieux : il se vend aujourd’hui autour de 10.000 euros la tonne. Ce qui suscite fatalement des convoitises : le 20 janvier, dans l’Oise, trois personnes ont été mises en examen, dans le cadre d’une enquête sur des vols de câbles en cuivre, et 4,5 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis. Un phénomène qui en a créé un autre, plus récent mais lui aussi désormais en plein essor : le vandalisme des bornes de recharge pour les véhicules électriques, dont les câbles contiennent du cuivre. La France en compte 55.000, pour deux millions de voitures électriques en circulation.
« Au final, ce sont les contribuables qui payent »
« On a installé cette borne mi-janvier et cinq ou six jours après, les câbles étaient sectionnés. Ça arrive de plus en plus. On a eu plus d’une dizaine de bornes vandalisées dans les Hauts-de-France, plus particulièrement dans le Pas-de-Calais »
, détaille Xavier Bourat, directeur régional des Hauts-de-France de TotalEnergies, interrogé par TF1 dans le reportage du 13H visible en tête de cet article. Non loin de là, un automobiliste tombe sur une autre borne ainsi rendue inutilisable. « Je suis embêté, je ne peux rien faire. C’est un fléau partout en France »
, constate-t-il, dépité, avant d’en chercher une autre.
Ces vols ont lieu en ville, en banlieue, mais aussi à la campagne. La preuve à Chavagne (Ille-et-Vilaine), 4.700 habitants, où la seule borne de la commune, située à côté de l’église, a été vandalisée. « Jusqu’à présent, il n’y avait pas trop de dégâts »
, assure une retraitée, pointant la nouveauté de ce type spécifique de vols. « C’est déprimant, parce qu’au final, ce sont les contribuables qui payent. Donc ça ne sert à rien de casser pour qu’on doive repayer derrière, avec une augmentation des impôts et tout ce qui s’en suit »
, estime pour sa part une autre riveraine. Et c’est vrai : ces bornes-là ont été installées par le Département, et leurs réparations, coûtant de 2.000 à 5.000 euros l’unité, seront bien à la charge du contribuable.
Ironie de l’affaire : la quantité de cuivre contenue dans ces câbles est dérisoire. « On sait qu’en fonction de la section de câble, ça leur rapporte entre 50 et 100 euros par câble. Donc ce sont des montants relativement faibles au vu de ce que ça nous coûte à nous. Et c’est probablement pour ça que les voleurs effectuent des tournées, pour espérer avoir un volume suffisant de câbles, donc une somme intéressante »
, explique Mathias Recourcé, chargé d’exploitation du Syndicat départemental d’énergie.
En conséquence, les collectivités tentent maintenant de prévenir, plutôt que de guérir, en protégeant les câbles au moyen d’un tissu anti-découpe, équipé d’un traceur GPS permettant de retrouver d’éventuels voleurs. Ce qui épate un autre conducteur de voiture électrique interviewé par TF1 : « J’ai beau recharger beaucoup en France et à l’étranger, surtout en Belgique, c’est la première fois que je vois ce type d’installations. Je pense que c’est dissuasif. »
Aujourd’hui, on considère que 20% des bornes électriques en France rencontrent des problèmes techniques, notamment à cause du vandalisme.

