Des étudiants font la queue lors d’une distribution alimentaire organisée par le syndicat étudiant « Union Pirate », à l’université Rennes 2, à Rennes, le 25 septembre 2024.

Selon une enquête menée par le syndicat étudiant la FAGE, près d’un quart des étudiants vivent avec moins de 100 euros par mois, une fois leur loyer réglé. Le syndicat étudiant alerte, mardi 24 février, sur la précarité affectant directement la santé et la réussite académique des étudiants. « Les logements coûtent trop cher et ne sont pas du tout adaptés aux réalités étudiantes », déplore auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, première organisation étudiante.

Menée auprès de 5 644 étudiants en janvier et février, l’enquête réalisée par le syndicat étudiant montre que le loyer atteint en moyenne 491 euros – 712 euros à Paris – absorbant en moyenne la moitié de leur budget.

Une précarité qui pèse sur la santé et la réussite

Une fois cette dépense acquittée, la situation financière devient critique pour beaucoup : 22,3 % des étudiants déclarent vivre avec moins de 100 euros par mois et 52,2 % avec moins de 200 euros. Parmi les boursiers, 61 % se trouvent dans cette situation et 5 % démarrent le mois à zéro ou à découvert. Beaucoup se voient contraints de « faire des coupures énormes » sur l’alimentation ou la santé, déplore Suzanne Nijdam. Par ailleurs, un étudiant sur deux déclare travailler en parallèle, un salariat qui devient « concurrentiel avec les études », affirme-t-elle.

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A cette fragilité financière s’ajoute un habitat souvent dégradé. Un étudiant sur trois dit vivre en situation de mal-logement, confronté à l’une de ces situations : des moisissures (18,3 %), des dégâts des eaux (16,5 %), la présence de nuisibles (13,3 %) ou des matériaux dangereux (1,2 %).

S’y ajoutent des difficultés plus structurelles : plus de quatre étudiants sur dix occupent un logement mal isolé et près d’un tiers ne disposent pas d’une connexion Internet stable, un manque qui complique l’accès aux cours en ligne et accentue les inégalités, souligne la FAGE.

« En plus de la santé physique et mentale, la qualité des études est remise en cause, insiste Suzanne Nijdam. On le martèle depuis des années, la précarité, c’est vraiment le premier facteur de l’échec académique. »

Pour y répondre, la FAGE plaide pour un plan d’ensemble : augmentation massive de l’offre de logements sociaux étudiants, régulation accrue du parc privé – notamment au moyen de l’encadrement des loyers –, réforme du calcul des bourses ou encore renforcement de l’accompagnement social.

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« L’idée, c’est d’avoir un changement systémique qui ne touche pas uniquement la question du parc Crous, ni uniquement le parc privé, mais d’avoir une meilleure articulation de tout ça », explique sa présidente.

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Le Monde avec AFP

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