- Que diriez-vous d’un concert de piano interprété par Yuja Wang, l’une des plus grandes virtuoses au monde ?
- La Philharmonie de Paris propose jusqu’à début mai une odyssée immersive avec la pianiste.
- Un tête-à-tête exclusif que la technologie peut aujourd’hui nous offrir.
- Les équipes de TF1 sont entrées dans les coulisses.
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Le 13H
Posée sur l’eau, Yuja Wang, l’une des plus grandes pianistes du monde, joue entre les lunes qui s’élèvent et les flammes qui menacent. Un décor à 360 degrés pour un concert a priori impossible. Et pourtant, c’est bien le spectacle auquel assistent les visiteurs, équipés d’un casque de réalité virtuelle, à la Philharmonie de Paris. Ils déambulent autour d’un piano qui joue tout seul. Ces casques les font totalement basculer dans un univers virtuel où la pianiste joue rien que pour eux.
Un concert d’un nouveau type où Yuja Wang se découvre sous forme d’hologramme, tout en donnant une interprétation, elle, très réelle de Bach à Prokofiev. Un travail en plusieurs étapes qui a pu être réalisé grâce à un piano magique, le Steinway Spirio, dont il n’existe que trois exemplaires au monde. « Il y a une technologie, une mécanique à l’intérieur qui permet d’enregistrer ce que le pianiste joue et de le restituer à la perfection »
, nous explique Pierre-Alain Giraud, scénariste, metteur en scène et directeur artistique de l’odyssée immersive « Playing with Fire ».
Une fois la musique dans la boîte, il a fallu filmer Yuja Wang. L’image est capturée en 3D. La pianiste a dû jouer le jeu d’un faux concert dans un immense hangar doté de 64 caméras placées dans un décor entièrement vert, jusqu’aux touches de l’instrument. « J’ai joué en fait sur un faux piano sans aucune corde. Tout ce que j’entendais, c’était seulement le bruit de mes doigts qui s’enfonçaient sur le clavier »
, explique Yuja Wang.
Une fois les gestes reproduits pendant 35 minutes sans fausses notes, la magie a alors consisté à superposer l’image et le son, tout en créant un univers autour de la musique. « Vous voyez du piano sortent des particules pour la berceuse de Brahms où une nouvelle vie est en train de se construire. Vous entrez dans des univers, vous vous retrouvez au milieu des flammes, vous vous retrouvez dans les fonds marins, vous décollez, vous allez jusque dans les nuages, vous voyez se construire une cathédrale, c’est des choses impossibles à vivre »
, s’enthousiasme Pierre-Alain Giraud.
« Les images sont magnifiques, la musique, c’est un vrai voyage »
, salue un spectateur. Et à la fin, sans casque mais comme pour un vrai concert, on applaudit l’artiste et la musique.

